Depuis maintenant un an et demi, Guy Esnault éleveur en Ille et Vilaine utilise le marché à terme porc. Moins de 20 % de sa production est actuellement couverte par ce biais. Son objectif, « augmenter les volumes au marché à terme ». Témoignage.
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Guy Esnault, éleveur de porc à Torcé (35)
Conseils de Guy : « Quand on démarre sur le marché à terme, il ne faut pas prendre trop de risques, y aller doucement ». « Il y a un risque de ne pas gagner beaucoup parfois, mais comme on y passe peu de temps, ça en vaut la chandelle » « Il y a bien le problème des « bases » que personne ne maîtrise. C’est vrai que si le prix est bon, il faut faire attention à ce que la base ne soit pas déconnectée. Si c’est le cas, il faut rester zen, attendre… » |
Son intérêt pour les marchés à terme renaît peu de temps après : « En 2003, j’ai entendu parler du marché à terme porc. Pour mieux le découvrir, j’ai suivi une formation de quatre jours. Et j’ai commencé à faire des simulations. Mais les simulations, ce n’est pas drôle longtemps. Alors, je me suis mis à la recherche de marchés financiers, et il y a dix-huit mois, j’ai ouvert un compte me permettant d’effectuer des opérations sur la marché à terme d’Hannovre.»
Et l’éleveur d’Ille-et Vilaine se lance et effectue ses premières transactions. « Il y avait peu d’informations disponibles en marché à terme porc à ce moment là, donc j’ai utilisé uniquement le WTB (marché à terme d’Hannovre). C’est en anglais, mais comme les cours sont en euros, c’est facile à suivre.
Je suis ce marché très régulièrement, plusieurs fois par semaine, le midi : je vois la tendance du moment et si c’est bon, je prends le téléphone, prends position et point final. J’ai voulu partir d’un système très simple, pas gourmand en temps, et donc je couvre seulement sur le porc. Le plus important, c’est de bien connaître son coût de revient !
Quand le prix baisse au MPB, on n’aime pas, le WTB, s’il baisse, ça peut-être une bonne opportunité. La semaine dernière, il a baissé, j’ai débouclé ma position de septembre et pris la marge. Un simple coup de fil suffit : si par exemple, je décide de déboucler à 1,42, j’appelle. Soit c’est fait tout de suite et je reçois une confirmation par mail le lendemain, soit c’est fait seulement dans l’après-midi, et dans ce cas, je suis prévenu sur mon portable. Au pire, ça prend quelques jours : c’est simple !
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Actuellement, jusqu’à 10 à 20% de ma production est couverte sur le marché à terme. Mon objectif est d’y aller tous les mois. C’est vrai qu’il y a des frais, environ un centime par kilo, mais ils peuvent être rapidement amortis : le marché de Hannovre est très simple. Depuis que j’utilise ce marché, c’est positif sans représenter beaucoup de gain, c’est pour cela que je veux augmenter les volumes au marché à terme. Et question coût, le marché à terme est un outil de gestion, donc il s’intègre dans l’exploitation comme les autres outils»
| Pour en savoir plus sur le fonctionnement du marché à terme, lire aussi: Prix du porc et rentabilité - Gérer le risque avec le marché à terme |

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