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Simon Bras, vétérinaire rural« Anti-inflammatoire lors d'un vêlage difficile : un bon investissement »

Simon Bras, vétérinaire rural, n’hésite pas à utiliser les anti-inflammatoires, sur les petits veaux comme sur les jeunes mères, après une naissance difficile. Les animaux reprennent plus vite le dessus grâce à une douleur mieux gérée.

Simon Bras, vétérinaire, exclusivement rural, sur deux départements, la Loire et le Rhône, explique avoir régulièrement recours à des anti-inflammatoires lors de ses interventions. « Pour l’écornage, les éleveurs le font maintenant eux-mêmes. Avant j’avais pas mal d’éleveurs qui ne faisaient rien. Depuis que l'écornage sous anesthésie pour les animaux de plus de quatre semaines est obligatoire, ils sont les premiers à reconnaître qu’avec une anesthésie et un anti-inflammatoire, l'intervention est bien plus facile ! De plus, le veau ne garde pas en mémoire l’intervention et le rapport à l’homme est meilleur. »

Une génisse qui accepte plus facilement son veau après une césarienne

Dans le cas des césariennes, le vétérinaire reconnaît qu’il est difficile de convaincre les éleveurs d’utiliser systématiquement un anti-inflammatoire. « Certains le font, depuis qu’ils en ont compris l’intérêt. La douleur, liée à l’intervention et au vêlage qui ne s’est pas déroulé normalement, est diminuée, entraînant moins de rejet de la mère vis-à-vis du veau nouveau-né. La vache, notamment la génisse, accepte plus facilement son veau. »

Entre 25 et 30 € pour l'anti-inflammatoire sur un bovin.
« L’anesthésie dure 1h30 environ. Mais la durée d’action d’un anti-inflammatoire peut aller jusqu’à 72 heures. Cela signifie que la douleur post-opératoire est mieux supportée par l’animal, et provoque moins de stress, durant ces 72 heures. Le produit ne supprime certes pas totalement la douleur mais il la diminue fortement », relève Simon Bras. Il insiste également sur le côté non-stéroïdien de certains anti-inflammatoires qui, de fait, ne va pas diminuer les défenses immunitaires comme pourrait le faire la cortisone (anti-inflammatoire stéroïdien). « Cela me permet de l’utiliser dans des cas de pneumonies ou d’hyperthermies liés à une infection », souligne Simon Bras.

L’éleveur se rend compte que l’animal est mieux avec un anti-inflammatoire. Pour autant, « je ne peux pas le lui imposer. Nous travaillons avec des animaux de rente. Même si le coût n’est pas très élevé, entre 25 et 30 euros, certains éleveurs le refusent pour des raisons économiques. »

Simon Bras, vétérinaire Rural dans la Loire et le Rhône.
Simon Bras, vétérinaire rural dans la Loire et le Rhône. (©Terre-net Média)

Un veau qui tête plus vite après une naissance difficile

Rien ne peut présager de la suite d’une césarienne. « Mais les études montrent qu’une meilleure gestion de la douleur entraîne des animaux plus productifs, à tous points de vue. » Et de citer en exemple, le veau dont la naissance a été difficile : « L’éleveur a tiré les pattes avant ou arrière, avec la vêleuse parfois ! Avec la douleur, il va mettre plus de temps à se lever et donc à téter le colostrum. Or, la qualité du colostrum diminue avec le temps d’où l’importance de voir le veau téter rapidement. »

En allaitant, le veau c'est le produit !
Dans le secteur laitier, au vu du peu de valeur du veau, la question d’injecter un anti-inflammatoire peut se poser. En élevage allaitant, la réflexion sera totalement différente puisque, c’est le veau, le produit de l’exploitation.

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« Des anti-inflammatoires, j’en utilise systématiquement sur césarienne depuis six ans ! Je l’injecte juste après la césarienne, quand le vétérinaire a recousu. »

« J’ai vu un réel changement avec l’utilisation de l’anti-inflammatoire. Il y a cinq ans, j’ai eu quelques césariennes sur génisses et j’ai eu beaucoup de mal à faire adopter le veau. C’est mon vétérinaire qui m’a proposé la première fois d’en utiliser. Et effectivement, avec l’anti-inflammatoire, la vache se remet plus vite. C’est flagrant sur les génisses. »

« L’action du produit se manifeste aussi lors de la délivrance qui se passe mieux et la production de lait qui est aussi meilleure je trouve. Cela a effectivement un coût, mais il est nettement récupéré par la suite. Pour moi, sincèrement, le coût reste moins important que les effets observés. Je n’ai jamais essayé les anti-inflammatoires sur des veaux, après une naissance un peu difficile, mais je ne doute pas que cela soit efficace. Je n’en donne pas, plus par habitude, en fait ! »

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