Le ministre de l'agriculture Julien Denormandie a donné jeudi un « nouveau mode d'emploi » pour prévenir et gérer ce type de crise sanitaire en élevage, qui menace de se répéter régulièrement.
Jeudi, le ministre de l'agriculture et les professionnels de la filière volailles ont acté de supprimer la dérogation permettant aux exploitations de moins de 3 200 palmipèdes de laisser les canards dehors, conformément à la recommandation de l'Anses. En cas d'« évolution du niveau de risque influenza aviaire en France (...), les animaux devront être mis à l'abri obligatoirement dans les exploitations », indique-t-on au ministère.
Mais cette mise à l'abri se fera selon « des contraintes différenciées en fonction de l'espèce, de la typologie des élevages et du mode d'élevage », afin de ne « jamais interdire quelque élevage que ce soit ». Doivent également être créées des « zones à risque de diffusion » qui présentent « une densité élevée de palmipèdes gras ». « Dans ces zones là, seront appliquées des diminutions de densité sur site en période à risque selon un accord interprofessionnel », explique-t-on au ministère.
Communiqué ??| Influenza aviare : Les professionnels et les services de l’Etat s’engagent sur une feuille de route pour éviter un nouvel épisode https://t.co/3w7V2xQaz3 ??
— Ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation (@Agri_Gouv) July 8, 2021
Des filets pour les canards ?
La nouvelle feuille de route prévoit également de rendre obligatoire la télédéclaration des données sur les élevages et les mouvements d'animaux, afin de disposer d'éléments en temps réel, « sinon on perd la bataille contre la grippe aviaire », qui s'apparente souvent à une « course contre la montre ». Autre principe, conditionner les indemnisations conséquentes à un abattage sanitaire au respect des mesures qui seront prescrites : « Il n'y aura pas d'aides pour les éleveurs qui n'auraient pas respecté toutes les règles qu'on est en train de mettre en place », a-t-on assuré jeudi au ministère.
« La profession a entre les mains un bon outil pour éviter une nouvelle crise sanitaire en élevage, tous les opérateurs doivent aujourd'hui s'en emparer », affirment dans un communiqué le syndicat majoritaire FNSEA, ses sections spécialisées volailles et les Jeunes Agriculteurs. Ils regrettent toutefois qu'il soit prévu de laisser « la possibilité de mettre à l'abri les palmipèdes sous des filets quand l'élevage est autarcique ou en circuit court et compte moins de 1 500 animaux ». Ces organisations demandaient « de généraliser les constructions en dur, bien plus protectrices ».
De leur côté, le Modef et la Confédération paysanne, attachés à l'élevage de plein air, ont signé la feuille de route en émettant des « réserves ». Ils demandent notamment des « mesures fortes et contraignantes » pour réduire la densité et les transports de canards, fréquents dans les filières industrielles. C'est, selon eux, « la seule condition pour que l'aviculture française ne revive plus ces crises ».
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