La grippe aviaire, déjà repérée parmi les oiseaux sauvages et dans quelques basses-cours françaises, a touché un premier élevage commercial de poules pondeuses, dans le nord du pays, un nouveau coup dur pour la filière avicole.
« Alors que des virus de l'influenza aviaire circulent activement en Europe par l'intermédiaire des oiseaux migrateurs, la France a détecté le 26 novembre un foyer dû à une souche hautement pathogène (IAHP) dans un élevage de poules pondeuses situé sur la commune de Warhem, dans le département du Nord », a annoncé samedi le ministère de l'Agriculture dans un communiqué. Il s'agit du virus H5N1, précise le cabinet du ministre interrogé par l'AFP.
Avec ce cas dans un élevage, la France perd à nouveau son statut « indemne » d'influenza aviaire, qu'elle venait de retrouver le 2 septembre, a confirmé la même source. Cela devrait avoir « des conséquences sur certains marchés à l'export » de ses volailles. « Des démarches ont été initiées via les ambassades pour rassurer les principaux pays importateurs sur le caractère sporadique à ce stade de cet événement et la mise en œuvre des mesures de gestion habituelles telles que prévues par la réglementation de l'Union européenne », ajoute le cabinet de Julien Denormandie.
La France avait déjà déclaré depuis la fin de l'été quatre cas de grippe aviaire parmi les oiseaux sauvages et trois cas dans des basses-cours sur le territoire métropolitain.
En Europe, 26 pays sont actuellement touchés par les virus influenza, concernant plus de 400 foyers en élevage et 600 cas en faune sauvage, précise le ministère.
La suspicion d'infection dans l'élevage de Warhem fait suite à un constat de mortalités anormales parmi les volailles de l'exploitation. L'analyse complète de la souche du virus est actuellement en cours au laboratoire national de référence de l'Anses, l'autorité sanitaire française.
Crises récurrentes
Des mesures sanitaires ont été prises. Les poules vont être abattues et le foyer sera désinfecté. Une zone de protection (3 km autour du foyer) et une zone de surveillance (10 km) ont été instaurées par le préfet du département.
Pour éviter le risque de diffusion du virus, les mouvements de volailles sont interdits dans ces zones où des mesures sanitaires strictes doivent être observées. « La consommation de viande, foie gras et œufs - et plus généralement de tout produit alimentaire à base de volaille - ne présente aucun risque pour l'homme », affirme le ministère.
Début novembre, par mesure de précaution, le gouvernement avait décidé de reconfiner les volailles de plein air pour éviter les contacts avec les oiseaux migrateurs susceptibles de transmettre ce virus.
L'hiver dernier, l'influenza aviaire s'était répandue comme une traînée de poudre dans les élevages du Sud-Ouest, région réputée pour son foie gras. Près de 500 avaient été touchés entre novembre 2020 et mai 2021. L'épizootie n'avait été enrayée qu'au prix de l'abattage de plus de 3,5 millions de volailles, essentiellement des canards.
Récurrentes, les crises sanitaires dues à l'influenza aviaire hautement pathogènes génèrent des coûts considérables pour les professionnels et l'Etat, et des pertes de marché à l'export. Cependant, pour le moment, les conséquences de la perte par la France de son statut « indemne » de grippe aviaire « ne devraient pas aller au delà-de ce qui avait été noté l'an dernier », selon le cabinet de Julien Denormandie. « Nous avons l'assurance qu'un certain nombre de pays continueront à accepter l'introduction des productions françaises à partir des autres départements, grâce à ce qu'on appelle la reconnaissance du zonage », ajoute-t-il.
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