C'était acté depuis février 2020 : la castration à vif, c'est-à-dire sans anesthésie, des porcelets sera interdite en janvier. Restait à préciser dans quelles conditions les éleveurs pourront continuer à castrer. Car tous les porcelets mâles ne garderont pas pour autant leurs attributs.
La poursuite de la castration avec anesthésie est notamment souhaitée par des abatteurs comme le géant Bigard et les professionnels de la charcuterie sèche (jambon sec, saucisson...).
Routinière en élevage, la castration permet d'avoir une viande plus grasse, des animaux moins agressifs et de se prémunir de l'odeur d'urine dégagée à la cuisson par certains mâles « entiers ». Elle concerne encore la grande majorité des élevages français et près de 10 millions de porcelets par an.
Selon l'arrêté du 17 novembre, publié vendredi au Journal officiel, la castration des porcs peut être « réalisée soit par castration chirurgicale avec anesthésie et analgésie », option privilégiée par les professionnels, « soit par immunocastration » (injection d'un vaccin pour arrêter la production de stéroïdes par les testicules).
Et ce à condition que ce soit imposé par un cahier des charges (comme celui du jambon de Bayonne) ou qu'un contrat avec l'acheteur l'exige. L'idée du gouvernement étant que ce contrat permette de couvrir les surcoûts générés par l'opération : temps de travail supplémentaire, achat de produits anesthésiants à injecter dans chaque testicule.
Prise en charge par l'Etat, la formation des éleveurs aux nouveaux protocoles doit se faire en deux temps, d'abord via une formation à distance d'ici à la fin de l'année puis « avec le vétérinaire sur site », précise le ministère de l'agriculture . « Ce second module pratique n'est pas un préalable obligatoire pour mettre en œuvre » la castration sous anesthésie, selon une instruction technique publiée en parallèle.
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