Le secrétaire américain à l'agriculture, Sonny Perdue, a appelé lundi les Européens à réexaminer leur décision d'interdire les importations de poulet chloré et de bœuf aux hormones, au moment où Bruxelles et Washington cherchent à décrisper leurs relations commerciales.
Cette demande devrait faire bondir certains États membres, où les craintes que des aliments fabriqués selon les normes sanitaires américaines soient imposés à leurs consommateurs ont déclenché des manifestations de masse en 2015, notamment en Allemagne, en Autriche et en France. Elle fait suite à la menace du président américain Donald Trump d'imposer des taxes punitives sur les automobiles européennes si Bruxelles et Washington n'avancent pas dans leurs discussions commerciales, décidées en juillet 2018, qui bloquent sur la question de l'agriculture.
Donald Trump et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ont annoncé la semaine dernière à Davos leur volonté de relancer ces discussions et promis de s'entendre dans les prochaines semaines. Ursula von der Leyen doit bientôt se rendre à Washington pour y rencontrer à nouveau le président américain. Donald Trump « aime beaucoup ses agriculteurs », a insisté lundi Sonny Perdue, lors d'une rencontre avec des journalistes, après un entretien avec le commissaire européen au Commerce Phil Hogan et celui à l'Agriculture Janusz Wojciechowski à Bruxelles. Et la relation commerciale transatlantique pourrait s'améliorer si l'UE, qui interdit l'importation de volailles traitées au dioxyde de chlore, était plus ouverte sur cette méthode de conditionnement, a-t-il estimé. L'Europe pourrait ainsi contribuer à rééquilibrer le déficit commercial annuel américain sur les produits agricoles qui s'élève selon lui à 10-12 milliards de dollars (environ 10 milliards d'euros).
L'affirmation selon laquelle les poulets américains sont nettoyés au chlore est une « idée fausse », a par ailleurs estimé Sonny Perdue. « Vous savez ce que c'est ? C'est du vinaigre, essentiellement », a-t-il déclaré, fustigeant le « dénigrement » de la production avicole américaine. Le membre du cabinet de la Maison Blanche a également mentionné le bœuf aux hormones comme un autre élément pour améliorer les relations entre l'UE et les États-Unis, insistant sur le fait que les dangers de ces produits pour la sécurité alimentaire étaient exagérés ou non démontrés par la science. Phil Hogan a rappelé la semaine passée à Davos les fortes pressions au sein du parti républicain de Donald Trump pour que l'agriculture soit incluse dans les négociations commerciales. « S'ils souhaitent sortir de l'impasse dans laquelle se trouve l'agriculture, nous sommes prêts à nous pencher sur la question de la coopération réglementaire, des barrières non tarifaires », a-t-il ajouté.
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