4 mars 2015 (AFP) - Le premier ministre, Manuel Valls, a annoncé samedi la réunion, « prochainement », de tous les acteurs de la filière du porc, à l'occasion d'une visite chez un éleveur de porcs des Côtes-d'Armor, après plusieurs actions des éleveurs contre leurs prix de vente trop bas ces dernières semaines.
« Stéphane Le Foll va réunir prochainement l'ensemble des acteurs de la filière porcine, notamment avec la grande distribution, parce que là, il faut qu'il y ait une discussion très directe et très franche pour que nous trouvions ensemble des solutions », a déclaré M. Valls après une heure passée en début de matinée à visiter l'exploitation d'un éleveur de porcs de Pléboulle.
« Moi-même, j'aborderai ces questions à l'occasion de ma rencontre avec la Commission européenne mercredi prochain, sur les distorsions du droit communautaire de la concurrence qu'il faut faire évoluer », a-t-il ajouté, en présence d'une dizaine d'autres éleveurs de porcs venus à sa rencontre.
« Et puis enfin, (il y a) la problématique de l'embargo russe puisqu'il faut progressivement en sortir », a souligné le premier ministre.
« L'urgence est là, la détresse elle est là, elle est palpable, elle est portée par des hommes qui sont extrêmement inquiets pour eux-mêmes, pour leurs familles, pour la Bretagne aussi, pour l'économie de cette région », a souligné M. Valls après sa visite de l'exploitation (380 truies) de Johann Lecorguillé, jeune éleveur installé depuis avril 2014.
« Il y a urgence, donc nous avons demandé à tous les préfets d'être très attentifs aux situations individuelles parce qu'il y a des messages de désespoir individuels qui sont passés notamment en ce qui concerne des questions financières », a ajouté M. Valls alors qu'un autre éleveur des Côtes-d'Armor a entamé une grève de la faim il y a plus d'une semaine.
Jeudi, au marché au cadran de Plérin, qui sert de référence au niveau national, le porc s'échangeait à 1,226 euro le kilo alors que, selon les éleveurs, le prix de revient se situe à 1,55 euro environ.
« Il y a une très grande inquiétude dans cette filière, le mot est faible, c'est-à-dire la crainte de voir cette filière s'écrouler et donc, à terme, disparaître, notamment parce que les prix se sont eux-mêmes écroulés, (et) parce qu'il y a, bien sûr, l'embargo russe », a également souligné M. Valls. « Nous devons soutenir toute cette filière », a-t-il ajouté.
Après le départ du premier ministre, l'éleveur Johann Lecorguillé, s'est déclaré « satisfait car on voit qu'il a été à l'écoute des revendications, il connaît bien le problème ». « Ils ont mis des choses en place au niveau des préfectures. Il faut que ça aille plus vite », a ajouté M. Lecorguillé, qui a investi 1,3 million d'euros dans son exploitation.
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