L’agrivoltaïsme, une opportunité pour les éleveurs ?
Par Web-agri Factory Publié le 25/05/2022
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Les surfaces agricoles peuvent désormais accueillir des centrales photovoltaïques au sol. Un nouveau champ des possibles qui suscite autant d’intérêt que d’interrogations : que sait-on de l’impact de ces installations sur les animaux, les prairies ? Comment s’assurer que les terres agricoles resteront prioritairement destinées à la production de biens alimentaires ? Jérôme Pavie (Idele) décrypte une partie des enjeux liés à l’agrivoltaïsme.
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Depuis 2019, la possibilité de créer des centrales photovoltaïques au sol a été étendue aux surfaces agricoles. « Il existe déjà des exemples de centrales photovoltaïques sur des zones de friches industrielles, non agricoles, où pâturent des ovins, précise Jérôme Pavie, responsable fourrages et pastoralisme à l’Institut de l’élevage. La nouveauté, c'est qu'on va pouvoir en installer sur des terres agricoles. Et les développeurs réfléchissent à des installations surélevées permettant d’accueillir aussi des bovins ou des équins. »
Un ombrage bénéfique pour les animaux
L’agrivoltaïsme est aujourd’hui largement présenté comme un levier pour améliorer le revenu des éleveurs tout en répondant aux attentes publiques d’autonomie énergétique. Cependant, la pratique suscite beaucoup de questions.
S’il est facile d’imaginer l’impact bénéfique de l’ombre générée par les panneaux solaires sur les animaux pendant les périodes caniculaires, certains effets n'ont jamais été mesurés. Les installations photovoltaïques pourraient-elles influencer la productivité des animaux ? La reproduction ? Leur bien-être ? « Ces questions ont été peu étudiées, reprend Jérôme Pavie. Aujourd’hui, c'est le challenge des instituts techniques et de la recherche que d'aller chercher des solutions et d'apporter des réponses. »
Pousse de l’herbe : des effets différents selon les contextes
Selon l’expert, l’ombre n’est pas non plus sans incidence sur la croissance des végétaux. « Dans les zones séchantes, on peut penser que cela permettra le maintien du couvert. En revanche, dans les zones les plus fraîches, l'obstacle du panneau pourrait limiter la photosynthèse et limiter la production d’herbe. Selon les contextes, on aura des réponses différentes sous les panneaux. »
Néanmoins, cette cohabitation nouvelle entre agriculture, élevage et production d'énergie solaire pourrait constituer une belle opportunité de diversification, particulièrement dans les zones à faible potentiel où dominent la prairie permanente et l'élevage. « Mettre en place un atelier énergétique pourrait consolider les revenus et devenir un facteur de pérennité des exploitations en les rendant plus attractives au moment de la transmission », parie Jérôme Pavie.
Obligation de maintien de l’activité agricole
Paradoxalement, l’apparition de ce nouveau débouché fait craindre que la manne financière issue des centrales photovoltaïques ne fasse passer au second plan le maintien de l'activité agricole. « L'enjeu consiste à ce que l’un ne concurrence pas l’autre », insiste l’expert de l’Idele. « Un certain nombre de contraintes pèsent sur les développeurs pour garantir que les choses se coordonnent », reprend Jérôme Pavie. La loi impose, par exemple, le caractère réversible des installations solaires.
Les projets d’agrivoltaïsme doivent actuellement passer par un nombre important d’étapes juridiques et de validation. Deux à trois ans sont nécessaires pour aboutir. « L'un des leviers de développement serait sans doute d'assouplir ces démarches ou de raccourcir le temps d'instruction des dossiers », conclut l’expert.
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