Fin 2023, la Normandie et les Pays-de-la-Loire basculaient sous régime d’interdiction de retournement des prairies permanentes. La Bretagne et le Grand-Est passaient quant à eux sous le coup du régime d’autorisation.
Mais difficile de maintenir des prairies sur fond de déprise de l’élevage. Dans ce contexte, Marc Fesneau, l’actuel Ministre de l’Agriculture, va proposer à la Commission européenne un plan d’assouplissement. L’objectif : remettre les compteurs à zéro dans les régions où la décapitalisation est importante. « Le "ratio prairies" calculé dans le cadre de la BCAE 1 sera ramené à zéro pour tenir compte de la baisse des cheptels », décryptent les journalistes de Contexte.
Et pour cause, c’est actuellement l’évolution du ratio prairies permanentes sur SAU qui conditionne la possibilité de retourner des prairies permanentes. Remettre les compteurs à zéro, c’est une manière de passer outre les obligations de réimplantation dans les régions concernées, et d’éviter les contraintes en place sur les régions Bretagne, Pays-de-la-Loire, Grand-Est et Normandie.
Prendre en compte la décapitalisation
Seules les régions où la déprise de l’élevage est importante seraient concernées. Parmi elles figurent la Bourgogne-Franche-Comté, la Bretagne, la Corse, le Grand-Est, les Hauts-de-France et les Pays de la Loire.
La Normandie fait toutefois exception. Le ratio de référence, après retraitement, serait amené à - 0,8 % (contre - 6,45 % actuellement). Une décision qui s’explique par une diminution des surfaces en prairies plus importante que la décapitalisation constatée sur la région.
Un autre assouplissement, dans le cadre de la BCAE 9, est également envisagé. Il vise à autoriser le labour de prairies en zones sensibles (Natura 2000) pour les agriculteurs en proie aux campagnols, ainsi que pour certaines exploitations majoritairement herbagères souhaitant se diversifier.
Cette mesure, qui fait suite aux manifestations d’agriculteurs de cet hiver, devra toutefois être validée par la Commission européenne.
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