Réforme de la Pac, évolution du marché de la viande bovine, Vincent Gravet, conseiller bovins viande à la Chambre d’agriculture de l’Oise livre ses impressions.
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« Nous manquons d’animaux pour faire de la viande. Aujourd’hui, la France importe en quantité importante : nous sommes passés de 450.000 tonnes importées à plus de 600.000 tonnes, juste pour la consommation. Les 350.000 t d’exportations obligatoires ne sont pas réalisées. Par conséquent, nous ne respectons pas l’équilibre des échanges intra et extra communautaires. A long terme voire moyen terme, celui qui fait de la viande a intérêt à continuer voir développer son atelier. Pour moi, le prix de la viande jusque 2012 ne devrait pas beaucoup bouger ». |
Vincent Gravet explique les raisons de cette baisse de production : « La cause est l’obligation de déclarer 15 à 40 % de génisses : des gens ont joué la carte du semi-extensif pour optimiser les primes. Dans le bassin allaitant français, c’est la catastrophe : ceux qui ont cherché l’extensification ont diminué leur cheptel reproducteur. En plus de cette orientation, est intervenue la sécheresse, ce qui s’est traduit par moins de vaches et donc moins de veaux également. Dans notre région, l’extensification n’était pas intéressante à cause des charges de structures et de la non compensation de la perte de produit par l’aide à l’extensification. Les éleveurs déclarent de 20 à 25 % de génisses. Grâce au renouvellement, il n’y a pas de perte de moules à veaux, on a continué à améliorer le cheptel, avec un renouvellement plus rapide et des vaches plus jeunes. »
La viande du Mercosur
Aujourd’hui, le prix de la viande bovine se maintient à un niveau élevé, puisque les prix des marchés actuels ont dépassés ceux d’avant la crise de l’Esb, mais la production française ne satisfait plus les besoins nationaux. Selon Vincent Gravet, cette situation a de quoi inquiéter si elle perdurait : « La viande du Mercosur part en Amérique du Nord, nous n’en recevons qu’une petite partie. Avec l’inflation qui se produit là-bas et les taxes sur les importations, la viande qui arrive sur nos marchés est un peu plus chère que la nôtre mais pour combien de temps ? »
« Si les éleveurs veulent maintenir le prix actuel, qui vient du fait que l’offre est inférieure à la demande, il faut qu’ils produisent. Aujourd’hui, 47 % des jeunes bovins produits en France viennent d’une exploitation qui a une référence laitière. Si demain, ces éleveurs arrêtent, il va falloir trouver le minerai ailleurs. »
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