La France et l'Allemagne ont appelé mardi à renoncer à la levée progressive des quotas de production laitière dans l'UE, mais cette idée motivée par la crise du secteur a été rejetée par la Commission européenne et l'Espagne.
"Il faut d'une manière ou d'une autre préserver les outils que nous avons, y compris les outils de maîtrise de la production que sont les quotas aujourd'hui", a déclaré le ministre français de l'Agriculture, Michel Barnier, à son arrivée à une réunion avec ses collègues européens à Bruxelles. "Moi je ne me résous pas à voir disparaître les quotas laitiers, sans qu'on ait trouvé un autre système de maîtrise de la production", a-t-il déclaré, en jugeant que la hausse des quotas (plafonds autorisés de production) depuis deux ans jouait un rôle dans la chute actuelle des prix. "Je pense qu'une partie de la crise est liée à la surproduction", a-t-il ajouté.
"Ce n'est pas le moment d'en parler"
Depuis deux ans, les quotas laitiers augmentent mécaniquement de 1% chaque année avant leur disparition pure et simple prévue fin mars 2015. Les producteurs de lait ont manifesté lundi dans plusieurs pays européens pour alerter l'opinion sur la chute des prix. Le syndicat européen de la profession (European milk board) y voit une conséquence de l'augmentation des quotas, qui alimente la surproduction.
L'Allemagne a apporté lundi son soutien à la France, en rejetant l'idée d'une poursuite des hausses de quotas et en demandant à la Commission européenne de réexaminer la situation dès cette année, sans attendre un rapport d'étape prévu en 2010. "Nous voulons, avant qu'une nouvelle hausse de quota puisse intervenir, examiner si le marché peut ou non l'absorber", a dit la ministre allemande de l'Agriculture Ilse Aigner, "ce qui n'est à l'heure actuelle clairement pas le cas".
"Ce qu'on doit faire maintenant c'est travailler à des mécanismes qui nous aident à faire remonter les prix"
L'offensive franco-allemande est toutefois rejetée par la Commission européenne. "Les quotas ne sont pas la raison pour les prix bas car nous ne produisons pas plus qu'avant" leur augmentation, a dit lundi la commissaire à l'Agriculture Mariann Fischer Boel. "C'est simplement une question de demande plus faible", a-t-elle ajouté, en disant vouloir discuter avec les ministres de l'Agriculture de mesures ciblées de soutien à la filière. Parmi ces mesures pourraient figurer des paiements anticipés de subventions européennes.
La France, l'Allemagne et l'Autriche demandent aussi des aides à l'exportation de l'UE plus importantes pour le fromage. Sur la question des quotas, face à la France, l'Allemagne, l'Autriche ou l'Irlande, la Commission peut compter sur le soutien de pays comme l'Italie ou l'Espagne, qui souhaitent avoir le moins de restrictions possibles à la production en raison d'une forte demande pour leurs produits comme le fromage.
L'avenir des quotas, "ce n'est pas le moment d'en parler", a dit lundi la ministre espagnole de l'Agriculture, Elena Espinosa. "Il faut le faire sereinement, une fois sorti de cette situation de crise", a-t-elle dit, "ce qu'on doit faire maintenant c'est travailler à des mécanismes qui nous aident à faire remonter les prix". Les producteurs espagnols se plaignent de l'importation excessive chez eux de produits laitiers français vendus selon eux à des prix de dumping, ce qui leur ôte des parts de marché.
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