Historiquement, et en simplifiant, on peut dire que trois périodes d’évolution perceptibles ont marqué l’évolution de la prairie. Avant 1750-1770, il n’existait pas ou peu de prairies semées. « Les prés de fauche avaient une valeur économique très importante. Autour de 1750, on découvre le rôle des légumineuses et l’on commence à les associer avec un assemblage d’espèces indigènes » explique Christian Huyghe.
L’herbe, ça se cultive
 Dans les années 80, « on voit à nouveau l’intérêt des prairies multispécifiques pour valoriser des fonciers difficiles et pour tendre vers l’autonomie fourragère » raconte Christian Huyghe, directeur de recherche à l’Inra de Lusignan (86). (© C. Zambujo) |
La 2ème guerre mondiale génère un effondrement agricole en France et en Europe ; la politique européenne se construira sur ces décombres avec pour objectif, l’autosuffisance alimentaire que l’on atteindra à la fin des années 70. Au cours de cette période, on découvre que l’on peut intensifier l’agriculture en s’appuyant sur la chimie et la pétrochimie. On découvre dans le même temps, que l’herbe, ça se cultive, avec un mouvement général d’intensification des prairies en Europe que l’on a appelé révolution fourragère (1955 à 1980). Les experts de l’époque font donc la promotion du couple prairie monospécifique/intrants, certains recommandant parfois la prairie d’association. « À l’inverse, la prairie multispécifique est considérée comme archaïque car difficile à conduire et l’azote fixé par les légumineuses perd son combat face à la chimie et au pétrole » précise le directeur de recherche.
À partir des chocs pétroliers et du début des années 80, les mentalités changent : la prairie multispécifique reprend de la valeur économique en raison des réflexions portant sur les coûts économiques et environnementaux de l’usage des intrants. « On voit à nouveau l’intérêt des prairies multispécifiques pour valoriser des fonciers difficiles et pour tendre vers l’autonomie fourragère. »
Aujourd’hui, il n’existe pas à proprement parler de recensement des prairies multispécifiques. Les surfaces de prairie temporaire représentent approximativement 2.600.000 ha. « Mais ces dernières années, nous voyons que seule la part des mélanges et associations est en augmentation, tandis que les graminées pures et le RGI restent à l’équilibre. »
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Pour aller plus loin : (9 articles pratiques à paraître sur Web-agri.fr)
• La réglementation des mélanges fourragers • Un écosystème à part entière • Impacts positifs prouvés • Des espèces dominantes • Valeurs alimentaire • Compétition, complémentarité et facilitation • Recherche jeunes plantules • Le sursemis : précautions et mode d’emploi • Questions à Christian Huygue
Ils seront diffusés en avant-première dans Le Mel Agricole (inscription gratuite en cliquant ICI).
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