Didier Vilfeu est éleveur de porcs à Moulins (Ille-Et-vilaine).«Je me considère comme un agriculteur», précise d'emblée l'éleveur. Fabriquer son aliment n'est pas un métier à part pour Didier Vilfeu, mais bien une des activités liée au métier, «Elle fait le pont entre deux activités: céréalier et éleveur!» Témoignage.
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Earl Didier Vilfeu |
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Didier Vilfeu s’installe en 83 sur l’exploitation familiale qui compte alors 30 vaches laitières et 70 truies dont une partie des porcelets sont engraissés. Huit ans plus tard il abandonne la production laitière pour se spécialiser en porc. L’exploitation prend sa taille actuelle 175 truies naisseur-engraisseur. « Les bâtiments des vaches laitières ont alors été remodelés pour accueillir la fabrique d’aliment à la ferme », raconte Didier Vilfeu. L’éleveur aménage lui-même des silos couloir. En 1996, il souhaite aller plus loin dans la fabrication à la ferme « J’ai investi dans des silos tour pour 25 000 francs de l’époque, mais moins gourmands en main d’œuvre que les silos couloirs ». A cette époque, seules les truies et le post-sevrage sont nourris grâce à la fabrique, « pour les porcs charcutiers, nous achetions de l’aliment complémentaire », se souvient Didier Vilfeu. Rapidement explique l’éleveur, « l’outil ne suivait plus. Alors en 2002, j’ai réinvesti dans un système pneumatique avec une fabrique entièrement automatisée».
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Le travail avec une fabrique c’est quoi ? Fabriquer son aliment à la ferme n’est pas un métier à part pour Didier Vilfeu qui revendique : « Je me considère agriculteur, la Faf est une activité parmi d’autres, elle fait le pont entre deux activités : céréalier et éleveur ». Et d’expliquer : « Tous les jours, je fais le même travail qu’avec une machine à soupe : superviser le travail de la fabrique, contrôler…Il faut être rigoureux et présent ! Toutes les semaines, il faut passer dans la fabrique pour faire le ménage…mais il faut aussi se renseigner sur les cours des matières premières et faire des achats hebdomadaires des différents minéraux. A un moment donné, il faut voir ce qui est fait, ce qui reste à faire…Je passe une heure par jour au bureau : des opportunités sont à prendre en terme d’achat (sur le marché à terme) – le lendemain cela peut être trop tard – pour cela, il faut aimer le travail de bureau. » |
La fabrication d’aliment demande beaucoup de trésorerie
« Il m’a fallu 20 ans pour arriver à une fabrique honnête. Ce n’est pas un coup de tête ! », explique-t-il. « L’envie c’est bien…mais le retour sur investissement est difficile à mesurer.» D’autant ajoute l’éleveur, que « si on regarde bien, la fabrication d’aliment demande beaucoup de trésorerie. Si pour l’élevage et les terres il faut 120 000 euros, il faut encore ajouter 100 000 euros en court terme amortissement pour la Faf, entre l’achat, le stockage des céréales…Cela peut bloquer d’autres investissements. »
« Je dispose actuellement de 75 ha . Pour la fabrique, j’achète en plus, l’équivalent de ma récolte en céréales ainsi que 250 tonnes de soja et des contrats tournesol ». Des investissements et achats qui permettent à Didier Vilfeu d’estimer son coût de fabrication de l’aliment à 15 euros/tonne.

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