Les éleveurs ovins ont écrit vendredi une lettre au Premier ministre Edouard Philippe l'enjoignant de les aider à maintenir l'avenir de leur filière mise en danger par les « attaques incessantes des prédateurs », en particulier des loups.
« Au-delà des difficultés économiques que nous rencontrons, au-delà de la fragilité de nos exploitations, c'est la survie même de nos troupeaux, face aux attaques incessantes des prédateurs, qui est aujourd'hui en question », écrit Michèle Boudouin, présidente de la Fédération nationale ovine (FNO). Mme Boudouin demande la mise en place d'une « politique ambitieuse de lutte contre la prédation au travers d'un plan loup dont les lignes directrices pour la période 2018-2023 devraient prochainement être dévoilées. Ce plan loup devrait notamment fixer le nombre d'abattages autorisés.
Mais la FNO réclame un plan d'action national global « visant un objectif de zéro attaque » qui s'appuie sur « un droit permanent des éleveurs à se défendre », une « simplification des procédures » et un « renforcement des outils de défense à notre disposition », selon la lettre. « Nos exploitations, nos emplois, nos troupeaux, ne disposent pas, contrairement au loup, d'un statut visant à assurer leur conservation. Ils rendent pourtant des services irremplaçables aux populations, aux territoires, à l'environnement, et plus largement, à la société », ajoute le texte.
En 2016, plus de 10 000 bêtes ont été tuées en France dans des attaques attribuées aux loups, surtout dans les Alpes et le sud du pays. Dans les Pyrénées, des dégâts sont aussi causés par l'ours, avec 450 moutons tués l'an passé, selon le député européen EELV José Bové, qui a demandé en septembre des « réponses concrètes » au gouvernement. Ces attaques ont ravivé en France le débat qui oppose les défenseurs de l'environnement favorables à sa protection, et les acteurs du pastoralisme traditionnel.
Le loup, présent sur 90 % du territoire français jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, avait disparu de France dans les années 1930. Mais aujourd'hui, la population de canis lupus - espèce protégée en Europe -, en constante augmentation, est estimée à environ 360 individus. José Bové réclame par ailleurs un recensement des loups qui permettrait éventuellement de modifier le quota de prélèvement. En soulignant la présence de nombreux loups hybrides, à savoir croisés avec des chiens, il souhaite, ainsi que de nombreux éleveurs, l'installation permanente d'une brigade du loup sur le Massif central.
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