« En supplément du nombre maximum fixé par l'arrêté du 5 juillet 2016, la destruction de deux loups peut être autorisée par les préfets », indique le texte, en précisant que cela ne pourra se faire que dans le cadre « de tirs de défense » lorsque des troupeaux ont été attaqués. Ces tirs sont autorisés par dérogation, le loup étant une espèce protégée.
La population de canis lupus est désormais d'environ 300 spécimens en France, dont une majorité dans le sud-est. Quatre associations de défense du loup (Aspas, One Voice, SFEPM, Ferus) ont fait part de leur intention de contester l'arrêté devant le Conseil d'Etat et s'attendent à la publication d'un autre arrêté autorisant deux nouveaux abattages.
« À ce total de 40 (36 + 4), s'ajoutent 10 loups trouvés morts depuis juillet 2016, principalement suite à des collisions, et non décomptés par l'État (...) et le braconnage invisible », écrivent-elles, estimant que le gouvernement « s'acharne contre les loups ». Selon ces associations, « sur une population estimée à moins de 300, ce nombre de 40 abattages (...) met en péril la conservation de l'espèce en France ».
Selon une étude commandée par le ministère de l'environnement et publiée en mars, le taux de mortalité du loup s'est élevé en moyenne à 22 % entre 1995 et 2013, sachant que sa survie est menacée à long terme lorsque ce taux avoisine les 34 %. Mais sur la période 2014-2016, du fait de l'augmentation des abattages pour limiter les prédations sur les troupeaux, le taux de mortalité « pourrait atteindre les 34 % », indique l'étude.
Parmi les 36 loups déjà abattus depuis juin 2016, 14 l'ont été dans les Alpes-Maritimes, 6 en Savoie, 5 dans le Var, 4 dans les Alpes-de-Hautes-Provence, 3 dans la Drôme ainsi qu'en Isère et 1 dans les Hautes-Alpes, selon un décompte de la Direction régionale de l'Environnement d'Auvergne-Rhône-Alpes. Sur la période 2016-2017, les dégâts dans les troupeaux attribués au loup ont concerné 9.788 bêtes.
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