La luzerne présente de nombreux avantages pour les éleveurs. Stéphanie Guibert, de la Chambre d'agriculture de la Mayenne présente les résultats d'essais menés sur la culture, notamment sur la période de semis, l'association avec des espèces compagnes et la fertilisation dans l'objectif de réussir l'implantation, assurer une productivité suffisante et pérenniser la culture.
Pour diversifier l'assolement, s'adapter au contexte de changement climatique ou encore renforcer l'autonomie protéique de l'élevage, la luzerne a tout bon ! Du point de vue alimentaire pour le troupeau, il s'agit d'un fourrage appétant, riche en MAT, en minéraux et vitamines.
Alors, comment réussir son installation ? Stéphanie Guibert de la chambre d'agriculture de la Mayenne présente les modalités testées dans le cadre du projet 4AgeProd.
À quelle période semer la luzerne ?
« Il y a deux périodes de semis possibles : en fin d'été ou au printemps. Pour un semis d'été, mieux vaut semer tôt, dès que les conditions d'humidité sont favorables, pour maximiser le rendement en première coupe. Les essais menés à la ferme expérimentale de La Jaillière (44) montrent qu'on peut gagner jusqu'à 2 t MS/ha en avançant un semis du 16 septembre au 20 août. Seul point de vigilance : la concurrence. Un désherbage chimique permettra de sécuriser le rendement. »
Pour ce qui est du semis de printemps, l'intérêt est plus mitigé. L'experte explique : « La productivité sera moins importante en 1ère année mais ça peut s'équilibrer si on prend en compte la dérobée précédente. Le salissement est aussi plus important mais plus facile à contrôler, il n'y aura pas besoin d'un désherbage chimique. » Attention néanmoins aux sols battants et à la sécheresse qui pourraient pénaliser la culture.
Concernant sa fertilisation, Stéphanie Guibert rappelle : « Inutile de lui apporter de l'azote. En revanche, la luzerne est très exigeante en phosphore, il ne faut pas le négliger. » Quant au chaulage, l'idéal est de viser un pH à 6,5.
Associer la luzerne pour maîtriser le salissement
Quid des adventices ? Les associations avec d'autres espèces fourragères permettent une certaine maîtrise du salissement. Plusieurs modalités ont été testées :
« Des essais ont été réalisés pour une association de trèfles annuels avec une luzerne semée en fin d'été et les résultats sont disparates. Il n'y a finalement pas vraiment d'intérêt : la concurrence peut s'avérer préjudiciable sans apporter d'avantages. En semis de printemps, on peut néanmoins espérer augmenter le rendement. »
« Les trèfles pérennes semblent plus intéressants, surtout en 0 phyto. En association avec du trèfle violet, la productivité est bonne et on a un bon contrôle du salissement. Seul le taux de MAT diminue mais il est compensé par le rendement. Il faudra tout de même être vigilant sur la concurrence et les conditions d'implantation (moins d'intérêt en conditions sèches). Pour le trèfle blanc en revanche, la production est moindre mais on constate une maîtrise du salissement dans la durée. »

Coûts liés à l'implantation
Et concrètement, combien coûte l'implantation d'une luzernière ? Les membres du projet 4AgeProd ont évalué le coût total de la luzerne pour des rendements annuels compris entre 8 et 12 t MS. Il varie entre 159 €/t MS et 180 €/t MS.
Ci-dessous un aperçu du coût de la luzerne sur pied, selon le type de couvert et le potentiel de rendement :
À cela s'ajoutent les coûts de récolte :

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