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[Carte interactive] Terres agricolesEn 10 ans, la France a perdu plus de 500 000 ha de prairies permanentes

Urbanisation galopante, retournement des prairies… : l’herbe n’a pas la cote ! En 2015, la France compte 513 800 ha de prairies permanentes en moins par rapport à 2005. Une perte équivalente à toute la SAU de l’Aveyron en seulement 10 ans. Outre le développement économique et les infrastructures qui vont avec, les réformes de la Pac ne semblent pas étrangères au phénomène.

Les réformes successives de la Pac auraient accéléré la tendance à la baisse des surfaces toujours en herbe.
Les réformes successives de la Pac auraient accéléré la tendance à la baisse des surfaces toujours en herbe. (©Kverneland)
 

Il y a quelques semaines, Terre-net.fr présentait, département par département, l’évolution en matière de pertes de SAU , de boisement ou encore d’ artificialisation des terres agricoles . Dans le même esprit, voici l’évolution, département par département, des surfaces toujours en herbe (1).

De 2005 à 2015, cette surface toujours en herbe a fortement diminué : de 8 millions d’hectares il y a 10 ans, il ne reste plus que 7,47 millions. La perte précise de 513 842 ha correspond à la surface agricole utile totale du département de l’Aveyron. Cela donne une idée du phénomène…

Département par département, l’évolution des surfaces toujours en herbe

Part de la surface toujours en herbe dans la SAU du département

En seulement 10 ans, donc, les surfaces en prairies permanentes dans les exploitations agricoles ont diminué de 6,43 %. Cette tendance à la baisse sur la période 2005-2015 est néanmoins plus faible que sur la période décennale précédente : entre 1995 et 2005, la baisse avait été de près de 9 %.

La Pac, une belle charrue pour les prairies ?

Depuis 1990, la baisse annuelle de ces surfaces a été de l’ordre de 0,92 % pour l’ensemble du territoire. Comme pour la baisse générale de la SAU française, les surfaces en herbe sont aussi victimes du développement économique. On connaît l’amour, sans beaucoup de limites, de nos élus et des investisseurs pour les toupies à béton et autres engins de terrassement.

Si la construction de routes, de beaux pavillons, de quartiers résidentiels ou la pullulation de zones artisanales et industrielles expliquent une tendance de fond, identique à la disparition généralisée des terres agricoles, elles n’expliquent pas les plus fortes baisses enregistrées certaines années. En 2010 par exemple, la baisse a été de 1,80 %. En 2004, elle était de 1,02 %. En 1993, elle était de 2,42 %, puis de 1,23 % pour les années 1994 et 1995.

1993, 2004 puis 2010 : ces années suivent une réforme plus ou moins profonde de la Pac. Coïncidences ? Pas sûr si on regarde en parallèle l’évolution des surfaces arables. En 2010, les surfaces arables françaises ont augmenté de 0,24 % alors qu’elles ont régressé les années précédentes et suivantes. Idem en 1993, les terres labourables avaient fait un bon de 1,05 % quand l’évolution des autres années 90 oscillait tout au mieux autour de 0,3 %.

Rédacteur en chef de Terre-net

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