Si son efficacité est prouvée, la vaccination ne suffit pas à éliminer les mammites. Son utilisation s'inscrit dans une stratégie globale propre à chaque élevage.
LES ANTIBIOTIQUES SONT SUR LA SELLETTE. Il est urgent de redéfinir les pratiques pour réduire drastiquement leur utilisation. Cela est possible. Les mammites restent la pathologie numéro un en élevage laitier. On peut réduire leur impact par la prévention. Encore faut-il qu'elle soit construite sur la base d'un diagnostic épidémiologique. Les laboratoires pharmaceutiques l'ont compris et certains recherchent des médications alternatives, notamment vaccinales. Avec une nouvelle spécialité dont l'AMM garantit une efficacité sur Staphylococcus aureus et à coagulase négative ainsi que sur Escherichia coli, on va dans la bonne direction ! Le vaccin contre ces mammites a prouvé son efficacité pour améliorer une situation donnée, à savoir la réduction du nombre de mammites dues à ces trois agents et la moindre gravité de ces épisodes (n'excluant pas des situations plus graves pour certains individus). En conséquence, les traitements appliqués sont plus efficaces et les comptages cellulaires baissent.
TROIS AGENTS DIFFÉRENTS
S. aureus et E. coli sont des pathogènes majeurs aux conséquences lourdes, contrairement à S. à coagulase négative qui bénéficie d'un meilleur pronostic de guérison. Ces trois agents ont chacun un mode opératoire particulier. Chacun nécessite donc une prévention adaptée. Il faut commencer par définir la cause du problème dans l'élevage, le modèle épidémiologique, pour que l'éventuelle vaccination soit supportée par des mesures de lutte classique adaptées. Sans quoi l'échec est systématique. Avant d'agir et en fonction du modèle épidémiologique de l'élevage, on décide avec le vétérinaire de la stratégie de lutte globale dans laquelle la vaccination pourra apporter sa contribution.
Les traitements antibiotiques ne sont pas toujours utiles. Une étude canadienne a montré que seuls 41 % des cas nécessitent des antibiotiques. Dans 40 % des cas, la détection de la mammite se fait alors que le lait est de nouveau stérile et 11 % des cas s'expliquent par la présence d'un germe nécessitant un traitement certes, mais pas d'antibiothérapie.
Or, en France, une mammite implique presque toujours un traitement antibiotique, sans égard pour la gravité ou l'agent responsable. Les traitements mal ciblés ne guérissent pas. Les germes s'installent et la vache est réformée.
Les mesures de prévention jointes à la vaccination doivent permettre la diminution des épisodes cliniques, même de moindre gravité. Elles auront ainsi un impact positif sur l'économie de l'élevage et sur la qualité du lait. Sans quoi, on aura toujours des traitements à prodiguer. Une bonne stratégie de lutte contre les mammites commence donc par une évaluation des causes. On identifie ensuite les facteurs de risques et les procédures de correction pour minimiser les épisodes, et donc les traitements. Ce n'est qu'après que le recours à la vaccination sera décidé en fonction du calcul du bénéfice potentiel.
En définitive, la vaccination est une arme moderne et de qualité dans la lutte contre certaines mammites. Cependant, elle ne les fait pas disparaître, elle réduit leur expression. Elle propose des avantages indéniables (prévention, limitation du risque de résidus, baisse de la perte de lait), mais cet outil ne sera utile que s'il est utilisé alors que le logement, l'alimentation, l'hygiène de traite, la machine à traire, et le plan de traitement au tarissement sont parfaitement adaptés à l'élevage. Aucune solution ne peut être transposable d'un élevage à un autre sans considération de l'épidémiologie locale. Sinon, le retour sur investissement n'est pas au rendez-vous.
Les mammites restent la pathologie numéro un en élevage laitier. Une bonne stratégie de lutte commence par une évaluation des causes. © CHRISTIAN WATIER
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