L'investigation menée après la mort d'une génisse met en cause l'absence de vide sanitaire et de nettoyage du Dal.
A L'AUTOMNE, DE RETOUR DE PÂTURE, un éleveur m'interpelle au sujet d'une génisse de 24 mois en fin de gestation, amaigrie et qui tousse. Je m'interroge sur l'oubli du déparasitage, imaginant qu'elle est atteinte de dictyocaulose, autrement dit infestée de strongles respiratoires. C'est peu probable, car l'éleveur est méticuleux et administre habituellement un antiparasitaire rémanent avant la mise à l'herbe. Sur place, je prends la température de l'animal qui est seulement de 39°C. Sa taille est identique à celle des autres génisses du lot, ce qui sous-entend que son développement n'a pas été pénalisé par une maladie sous-jacente. Mais elle a une toux sèche dès qu'elle se déplace, le « dos rond » et, en effet, un début d'amaigrissement. L'auscultation des poumons me fait alors penser à une rechute et la consultation du cahier sanitaire révèle que l'éleveur a soigné tout le lot de génisses il y a deux ans contre une maladie respiratoire, avec un traitement antibiotique. Par précaution, je prélève des selles, pour la détection de strongles, et du sang. La coprologie lève le doute : la génisse a été déparasitée. Mais je me sens moins à l'aise sur le pronostic, car l'analyse de sang montre un dysfonctionnement métabolique important de l'organisme. Avec l'accord de l'éleveur et compte tenu de ces résultats, je réduis l'investissement au minimum en matière de traitement. Malheureusement, l'issue fatale se manifeste rapidement. L'autopsie qui suit confortera ma décision, prise dans un souci de limiter les frais de traitement : presque 100 % du volume des deux poumons est atteint par des lésions anciennes de broncho-pneumonie chronique avec suppuration, mais aussi de pleurésie et par des lésions d'emphysème récentes, probablement dues à la réactivation d'un ancien abcès ayant entraîné la mort par manque d'oxygène. Revenons donc à l'origine du mal, lorsque la génisse, alors âgée de 3-4 mois, a été malade. Elle a été soignée selon un protocole classique qui consiste à administrer des antibiotiques offrant une durée d'action de quatre jours.
UN VIDE SANITAIRE ANNUEL DE QUINZE JOURS ENTRE DEUX VÊLAGES
Il est généralement suffisant, mais dans ce cas, la guérison a été incomplète, ou alors elle a déclaré une forme subaiguë non détectée qui a progressivement envahi la totalité des poumons. Virus, bactéries, humidité et courants d'air sont les malfaiteurs habituellement responsables de ces méfaits sur les veaux. On y ajoute les strongles respiratoires pour les animaux en pâture. Cette fois, le cas de figure est un peu différent. L'élevage en question est confronté à deux épisodes de maladies respiratoires presque chaque hiver, malgré un programme de vaccination respecté, un local bien ventilé, pas trop froid et un éleveur réactif. Mais les vêlages répartis sur toute l'année compliquent la situation : il n'y a jamais de vide sanitaire ! De plus, la nurserie est équipée d'un excellent vecteur de transmission de germes respiratoires : le Dal. Les veaux y reniflent les sécrétions nasales de leurs congénères malades et se contaminent, avec des épisodes aigus occasionnels. La prévention consiste à envisager un vide sanitaire annuel de quinze jours au minimum, entre deux périodes de vêlages, afin de diminuer la pression infectieuse des bactéries et des virus qui, sinon, s'accumulent d'année en année dans les locaux et sur les animaux porteurs sains. Par ailleurs, il ne faut pas négliger la désinfection quotidienne autour de la tétine du Dal avec un spray désinfectant (comme la chlorhexidine) à pulvériser après avoir essuyé la tétine et son support.
La contraction de maladies respiratoires peut se faire autour de la tétine du Dal où les veaux sont en contact avec les sécrétions nasales de leurs congénères malades. © CLAUDIUS THIRIET
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