Des cas cliniques graves sont possibles sans qu'il y ait eu d'accès accidentel au stock de céréales.
UN ÉLEVAGE LAITIER VENANT DE RÉALISER son ensilage de maïs quelques semaines auparavant nous appelle car un grand nombre de vaches est en diarrhée, la production laitière a fortement baissé et deux vaches en lactation ne parviennent plus à se lever. Avant l'examen des deux vaches à terre, la discussion avec les éleveurs nous apprend que l'ensilage de maïs actuellement distribué est coupé à 13 mm, qu'il est issu d'un petit silo de report mal tassé et chaud, et qu'aucune transition n'a été faite avec le précédent ensilage. La ration est distribuée au godet désileur : l'éleveur charge d'abord le maïs puis les concentrés par couches successives sans mélange préalable. Du foin est mis à disposition à une extrémité du cornadis. Les vaches reçoivent toutes la même quantité de concentré au Dac quel que soit leur niveau de production. En moyenne, les vaches produisaient 20 litres de lait par jour mais n'en produisent plus qu'une quinzaine. L'une des deux vaches qui ne se lèvent plus est allongée de tout son flanc au pré dans un état comateux. Aveugle, ballonnée, elle présente une diarrhée aigrelette sans fièvre. L'autre vache est aussi couchée mais sur le ventre. Elle a aussi une forte diarrhée sans fièvre, mais n'est pas comateuse. La synthèse de tous ces éléments fait suspecter une acidose aiguë du rumen, bien qu'aucune évasion vers un stock de céréales n'ait eu lieu comme on peut le rencontrer parfois. Le pronostic de la vache comateuse est désespéré et une euthanasie est proposée, suivie d'une autopsie afin de confirmer le diagnostic d'acidose aiguë du rumen. L'éleveur accepte cette proposition.
LE PH RUMINAL EST INFÉRIEUR À 5
Lors de l'autopsie, on retrouve dans le rumen de grandes quantités de maïs, très peu de fibres longues et le pH ruminal est inférieur à 5, ce qui confirme le diagnostic. La vache la moins atteinte est alors traitée à l'aide de drenchage, d'anti-inflammatoire et d'antidiarrhéique. La ration est à l'origine de l'acidose ruminale pour plusieurs raisons. En effet, le maïs est coupé beaucoup trop court. Notre recommandation est de se situer aux alentours de 18 mm. De plus, aucune transition alimentaire n'a eu lieu. Le concentré apporté aux vaches est excédentaire par rapport à leur besoin. La ration n'est pas bien mélangée. Tout cela concourt à une moins bonne rumination, à un déséquilibre alimentaire, à une fibrosité insuffisante, et provoque une modification de la population microbienne du rumen et l'acidose ruminale mortelle dans le cas présenté. Avec le traitement de la vache la moins atteinte, des modifications de la ration sont mises en oeuvre avec arrêt du Dac, distribution de foin fibreux en sortie de salle de traite en bloquant les vaches au cornadis pendant une heure à une heure et demie. Une fois ce foin consommé, la ration est distribuée en diminuant la quantité de maïs (11 kg de MS) et en rééquilibrant l'apport d'énergie et d'azote. Ce changement alimentaire a été suivi dans ses grandes lignes et a permis de résoudre le problème d'élevage. De plus, une mélangeuse a été achetée. Tout cela confirme que l'acidose aiguë du rumen n'est pas uniquement rencontrée lorsque des bovins accèdent au stock de céréales pour en manger une grande quantité. Une attention particulière doit être portée à la structure et à la composition de la ration tout au long de sa fabrication (de la récolte au champ jusqu'à la distribution à l'auge). La réalisation de l'ensilage de maïs ne dure que quelques jours par an, mais peut conditionner la santé et la production du troupeau pour de longs mois. Il est donc important d'y apporter le plus grand soin.
D'après un article du « Bulletin des GTV » n° 76.
L'une des vaches est allongée de tout son flanc dans un état comateux. Aveugle, ballonnée, elle présente une diarrhée aigrelette sans fièvre. Le pronostic est désespéré et une euthanasie est proposée, suivie d'une autopsie afin de confirmer le diagnostic d'acidose aiguë. © FLORIAN SPIESER
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