La détection précoce des femelles stériles doit permettre de les réformer pour ne pas engager des frais d'élevage inutiles.
LA PATHOLOGIE A ÉTÉ RÉVÉLÉE LORS D'UNE SÉANCE D'ÉCHOGRAPHIE, réalisée dans le cadre d'un diagnostic de gestation sur un lot de génisses prim'holsteins âgées de 18 à 24 mois. L'observation de la région génitale de la génisse concernée fait apparaître quelques anomalies : longs poils au niveau de la vulve (ressemblance avec un prépuce de taureau) et gros clitoris ayant la forme d'un pénis. L'écartement des lèvres de la vulve montre l'absence totale d'ouverture. Un trouble de la miction (lorsque la génisse urine) est aussi observé. L'examen gynécologique par voie rectale révèle l'atrophie des deux cornes utérines et de tout petits ovaires. Il s'agit donc ici d'un cas de free-martinisme. L'origine de la pathologie remonte à la gestation gémellaire de cette génisse, à la suite de la formation, entre son placenta et celui d'un foetus mâle, de communications vasculaires entre 28 et 30 jours de gestation. Le mélange des hormones mâles et femelles conduit, dans 90 % des cas, au développement d'une femelle présentant certaines caractéristiques d'un mâle, et donc stérile. En effet, la différenciation des futurs organes sexuels se fait plus tôt chez le mâle que chez la femelle, et les hormones mâles inhibent le bon développement de l'appareil reproducteur femelle, lors de gémellité mâle-femelle. Si l'on considère qu'il y a 5 % de jumeaux chez la vache, que dans 50 % des cas, il s'agit d'un mâle et d'une femelle, et que 75 % des gestations avec jumeaux arrivent à terme, cela revient à 2 % d'incidences ; soit plusieurs cas par an au vu de la taille actuelle des troupeaux. Dans le cas présent, la perte économique est très importante puisque la génisse a été élevée comme future reproductrice, alors que dans le meilleur des cas, elle ne pourra être vendue que comme génisse grasse en boucherie. Il convient donc de détecter précocement ces génisses pour éviter l'élevage de femelle stérile. En pratique, le diagnostic de free-martinisme peut être établi dans les premières semaines de vie de l'animal, grâce à la mesure de la profondeur du vagin ou par prise de sang (détection génétique du chromosome Y). Vu la proportion élevée de femelles stériles lors des gestations gémellaires (mâle-femelle), une solution peut être d'exclure du troupeau de renouvellement toutes les génisses jumelles d'un veau mâle. Un autre cas de figure peut se présenter : une gestation gémellaire mâle-femelle débute, le foetus mâle meurt entre 30 et 60 jours et la gestation se déroule jusqu'à son terme pour donner naissance à une femelle unique : la femelle sera alors atteinte de free-martinisme, mais l'exclusion de l'élevage ne sera pas faite. Lors d'un suivi régulier de reproduction, il convient de contrôler l'activité ovarienne de toutes les génisses mises à la reproduction à partir de 14 mois. À l'occasion de cet examen, les cas de free-martinisme seront immédiatement détectés. Enfin, les mâles aussi sont susceptibles d'être atteints. L'appareil génital externe et interne du taureau reste identique, mais ces taureaux peuvent souffrir d'hypofertilité (baisse de la qualité de la semence), voire de stérilité.
Symptôme d'un cas de free-martinisme : longs poils au niveau de la vulve (ressemblance avec un prépuce de taureau) et gros clitoris ayant la forme d'un pénis. © A.M.
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