Cette maladie, peu fréquente, affecte le coeur et serait liée à l'infection d'un autre organe de l'animal.
UNE SURPRENANTE SÉRIE D'ENDOCARDITES m'a incité à réfléchir sur cette maladie habituellement peu fréquente. Les symptômes ressemblent à des tas d'autres pathologies : chute en lait assez rapide avec fièvre ondulante à 39°C, voire jusqu'à 40,5°C… Seule l'auscultation approfondie du coeur permet le diagnostic de la maladie, même si le souffle cardiaque n'est pas toujours évident à repérer. La façon dont se développe la maladie est directement liée au fonctionnement du coeur : les valvules, qui servent de valves anti-retour entre les différentes cloisons de cet organe et les parois internes, se retrouvent envahies par un dépôt de pus sec de la consistance du mastic. Au départ, la quantité de pus est très limitée, mais lorsque l'envahissement dure trop longtemps (plusieurs semaines), une (ou plusieurs) cavité cardiaque est presque totalement remplie de cette substance. Le fonctionnement du coeur est alors très largement compromis : l'animal s'essouffle, sa baisse de forme est nettement marquée, ses veines jugulaires enflent progressivement jusqu'à un stade de non-retour.
Une question se pose classiquement : quelle est l'origine de ces lésions ? Les causes peuvent être variées et anciennes. L'une des vaches soignées était sujette à des mammites chroniques. Une autre présentait une baisse de production, sans doute liée à une acidose aiguë deux mois auparavant. L'endocardite provient généralement d'une infection dans un organe : la mamelle, les pieds, la panse, les poumons, ou encore la veine jugulaire après injection septique par une aiguille contaminée. Cette infection « métastase » ensuite le coeur et ses valvules, mais parfois ailleurs comme dans le foie, les reins ou les articulations. L'endocardite ne doit pas être confondue avec la péricardite, dont l'origine est généralement en rapport avec un corps étranger qui traverse la paroi de la panse et va se loger dans le voisinage du coeur (ou ailleurs). Son évolution est mortelle en quelques jours à quelques semaines sans possibilité de traitement médical. À condition qu'elle n'évolue pas depuis trop longtemps, le pronostic d'une endocardite n'est pas totalement désespéré. Les trois vaches que j'ai soignées ces dernières semaines ont favorablement réagi aux traitements à moyen terme. Le traitement des endocardites fait appel à des antibiotiques sur une longue durée, directement en rapport avec la présence d'autres maladies associées ou disséminées dans l'organisme. Si cette maladie est associée à une arthrite ou une pneumonie chronique, le traitement s'avère illusoire du fait de la gravité de chaque lésion. Il est certain qu'une telle maladie doit entraîner la réforme préférentielle de l'animal sous peine de récidive à moyen terme, même si l'état général de l'animal s'améliore nettement après traitement. De nombreuses infections semblent localisées dans un seul foyer. En réalité, elles peuvent être disséminées dans plusieurs parties de l'animal.
Si le traitement ne concerne pas l'ensemble de ces foyers, les chances de guérison de l'animal sont fortement compromises.
La prise de la température est un excellent moyen de diagnostiquer la plupart des maladies infectieuses. Les mesures doivent être répétées si nécessaire plusieurs jours consécutifs et à la même heure. Une augmentation naturelle de 0,5° du matin au soir est constatée sur un même bovin. © CLAUDIUS THIRIET
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