Les conditions climatiques plus douces mais aussi plus humides du printemps augmentent les risques infectieux.
EN PÉRIODE HIVERNALE, L'ÉLEVAGE BOVIN EN STABULATION est éloigné des conditions naturelles. Ces espèces ont évolué au long des millénaires en plein air et sans concentration de population. À l'intérieur, les concentrations microbiennes dans le milieu sont accrues, ne serait-ce que dans la litière. De plus, la composition de l'air, en l'absence d'une ventilation parfaite, s'enrichit en gaz carbonique, ammoniac et humidité. Il s'ensuit, entre autres, des risques infectieux mammaires et respiratoires plus élevés.
ATTENTION AUX MAMMITES D'ENVIRONNEMENT
Dans les phases de temps doux et humide, les fermentations microbiennes de la litière s'emballent. Les microbes d'environnement (colibacilles, Streptococcus uberis) s'y multiplient plus vite que les autres germes, saturant ainsi le milieu. La contamination des mamelles souillées peut se faire pendant les traites ou entre celles-ci si les sphincters ne sont pas assez efficaces. Le risque de mammites d'environnement s'accroît. Si la stabulation est en aire paillée, il importe d'être très vigilant en prenant régulièrement la température de la litière. C'est un bon indicateur pour le déclenchement du curage du bâtiment. En effet, pour contenir le niveau de contamination de l'aire paillée, il faut maintenir sa température inférieure à 30°C en surface, soit en dessous de 38 à 40°C à 10 cm de profondeur. S'assurer aussi au moment du curage que le sol draine bien l'humidité de la litière. Si nécessaire, il faut le décompacter régulièrement. Pendant ces phases climatiques particulières, lors de la survenue de mammites, il faut soigner le plus rapidement possible et choisir un traitement qui cible plutôt les germes d'environnement. En cas de flambée, l'utilisation de produits de prétrempage efficaces puis de produits de post-trempage filmogènes doit être associée d'urgence à un curage immédiat de la litière associé à un épandage sur le sol d'un produit asséchant et désinfectant.
La saturation de l'air en humidité, l'excès de gaz carbonique et d'ammoniac diminuent les capacités de défense naturelle du poumon bovin. Conjugué à la prolifération bactérienne qui s'accélère avec la conjonction température élevée + humidité, ceci contribue à augmenter dramatiquement le risque d'infections respiratoires. Ce risque est renforcé cette année par l'alternance de périodes froides et douces depuis le mois de décembre. Elle fragilise la capacité des animaux à y faire face. Parfois, ces infections respiratoires adviennent de manière aiguë sans prévenir et il faut réagir très vite. Les antibiotiques, toujours associés au début aux anti-inflammatoires, sont la médication de choix. Par contre, dans la plupart des cas, des signes avant-coureurs nous préviennent du danger. Toux, baisse de l'appétit, écoulements nasaux sont des signaux d'alarme qui doivent nous faire réagir. Incorporation d'aspirine et de vitamine C dans la ration alimentaire, examen et correction de la ventilation peuvent suffire à éviter des catastrophes. Si le problème est récurrent, on doit envisager une vaccination adaptée. Dans ces périodes à risques, une attention toute particulière à de petits signes révélateurs peut être très rentable !
Avec un temps doux et humide, en stabulation paillée, les microbes d'environnement présents dans la litière se multiplient plus rapidement. Si la température dépasse les 38°C à 10 cm de profondeur, il faut déclencher le curage du bâtiment. © GONZAGUE DEFOIS
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