Des transitions alimentaires adaptées, un équilibre minéral et vitaminé, et une bonne hygiène au vêlage permettent de prévenir cette pathologie.
UN ÉLEVEUR M'APPELLE pour intervenir sur une vache prim'holstein d'un grand gabarit, âgée de six ans et ayant vêlé depuis huit jours. Elle m'est présentée pour un appétit faible et une production laitière qui ne démarre pas. Cet animal a tendance à s'amaigrir, mais son état général reste normal et sans fièvre. Compte tenu de sa morphologie, on peut s'attendre à une cétose ou un déplacement de caillette. En réalité, il s'agit bien des deux pathologies suspectées concomitantes et de bien plus encore…
Lors de la fouille par voie rectale, un organe surprenant se présente : très dilaté, de la taille d'un ballon de rugby, palpable dans la partie postérieure de l'abdomen. Plusieurs hypothèses sont alors possibles : dilatation d'un intestin, du cæcum, une tumeur ?
Le doute ne peut être levé qu'en réalisant une laparotomie (ouverture de l'abdomen). La surprise est de taille, puisqu'il s'agit de l'utérus qui a fait une torsion d'un demi-tour sur son grand axe. Il est rempli de débris de placenta nécrosés à la suite d'une délivrance incomplète, associée à un déplacement de caillette à gauche et à une cétose marquée.
PRODUCTION DE TOXINES
La technique chirurgicale est classique en ce qui concerne le repositionnement de la caillette déplacée et ballonnée à gauche, puis l'utérus est remis en place en le faisant pivoter sur lui-même. La récupération après antibiothérapie, perfusion et traitement de la cétose est rapide. L'absence de fièvre de ce cas peut s'expliquer par le fait que la montée de température est souvent fugace dans les cas de métrites aiguës et la fièvre redescend souvent en un jour, alors que l'infection dans l'utérus continue à produire des toxines.
La prévention de ce double « déplacement torsion » passe par une transition alimentaire adaptée. La ration de fin de tarissement doit remettre la flore de la panse en phase avec les aliments de lactation pour limiter les phénomènes d'indigestion provoquant acidose et cétose. Par exemple, il est nécessaire d'apporter un tiers de ration de lactation et des fibres sous forme de foin ou de paille à volonté et sans calcium en toute fin de tarissement. La durée de ce dernier doit aussi être modulée selon l'état d'engraissement des vaches.
ÉVITER LES EXTRACTIONS FORCÉES DE VEAUX
L'équilibre minéral et vitaminé a son importance également. On conseille de ne pas apporter trop de calcium en toute fin de lactation pour minimiser les fièvres de lait. Une recharge de vitamine E et sélénium pour les tarissements d'été et de début d'automne renforce les défenses immunitaires et améliore les délivrances. Distribuer des vitamines A et D pour les vêlages de fin d'hiver participera à une meilleure gestion des fièvres de lait et favorisera une reprise rapide de la cyclicité ovarienne. Ces apports peuvent facilement se faire sous forme de cure une fois par semaine pendant le tarissement.
L'autre volet de la prévention concerne l'hygiène indispensable au vêlage. Le lavage et la désinfection de la vulve sont indispensables avant une fouille vaginale. Des gants jetables et du gel désinfectant peuvent aussi être utilisés si nécessaire. On recommande de limiter les extractions forcées de veaux et les délivrances manuelles trop longues et contaminantes. Enfin, il convient de traiter rapidement les blessures vaginales et les métrites aiguës.
Une délivrance incomplète peut favoriser le risque de torsion utérine. © CLAUDIUS THIRIET
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