Les premiers signes de gêne en station immobile ou à la démarche doivent inciter à parer pour limiter l'impact de ces défauts.
A LA RENTRÉE DES VACHES, L'IMPACT DU SOL sur les pieds se modifie avec de grands changements pour les animaux. Du sol souple de la fin de saison, les soles des sabots rencontrent la dureté des bétons en permanence ou lors des déplacements nécessairement plus réduits. Les défauts de pousse de la corne se révèlent alors sous les appuis : fissures de la ligne blanche, comblement des creux solaires, descente des talons ou dissymétrie entre les onglons. Si aux champs la station immobile est rare, sauf quand la vache est couchée, c'est l'inverse à l'intérieur. Les déplacements pour la prise des aliments sont réduits : vers les râteliers, les cornadis, les abreuvoirs ou la salle de traite. La station immobile sur le sol dur ne stimule plus la circulation sanguine dans les sabots, surtout dans les zones fortement vascularisées du podophyle. En cas d'appui sans report correct du poids sur les canons et le haut du membre, des zones de compression apparaissent très vite. Il est inutile d'attendre la boiterie douloureuse pour intervenir. Les premiers signes de gêne en station immobile, à la démarche ou lors du relevé doivent faire intervenir pour limiter l'impact de ces défauts et assurer l'adaptation nécessaire au changement de sol.
Cette gêne apparaît par une démarche hésitante ou un démarrage ralenti. C'est aussi un regard «concentré à l'intérieur» quand la vache se déplace, yeux dans le vague et oreilles immobiles. La souplesse ou la raideur du dos en marchant sont d'autres signes. La vache fuit les bousculades ou se déséquilibre en sortant de la traite, c'est peut-être simplement une gêne des appuis. La vache reste couchée plus de deux heures, une difficulté au relevé est inévitable avant qu'apparaissent les marques sur les jarrets (tarsites de contact). L'expression du potentiel de l'animal dans cette zone d'inconfort va alors dépendre de sa force de caractère ou de sa position sociale. Elle sera aussi liée au temps d'ingestion, aux temps de repos ou à la facilité à répondre à ses besoins d'hydratation.
PRIMORDIAL POUR LES JEUNES VACHES
Le confort ne dépend pas seulement de la taille et de la conception des logettes ou du paillage, mais aussi de la façon dont l'animal peut intégrer ce confort. Les litres de la marge de production sont dans cet espace de confort, qui dépend aussi de la qualité de contact avec le sol. Les vieilles vaches ont déjà fait leurs petits arrangements avec des aplombs atypiques, mais il est primordial d'éviter les déformations pour les plus jeunes. Là encore, il est important de ne pas attendre la lésion douloureuse. Un simple coup de reinette correcteur sous la sole ou un raccourcissement des onglons et de leur dissymétrie évitera le pire pour quatre à six semaines, en attendant le parage de tout le troupeau. Les règles sont : éliminer les appuis sur des points douloureux (creuser les traces d'hématome ou ouvrir les fissures), restaurer les angles d'appui et la longueur des sabots.
Attention, l'humidité du sol va aussi favoriser l'adhérence des bactéries spécifiques du fourchet ou de la mortelaro en début de saison ou juste après le parage, même superficiel. Un temps de séchage de la corne permet de la durcir et évite ses déformations ultérieures.
Prendre le temps d'un simple coup de reinette correcteur sous la sole peut éviter le pire en attendant le parage de tout le troupeau. © JEAN-MICHEL LODS
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