L'équilibre de la ration des taries pèse lourd dans la capacité de la vache à mobiliser le calcium dont elle a besoin au vêlage.
LA FIÈVRE DE LAIT EST LE RÉSULTAT D'UNE CHUTE DE LA CONCENTRATION SÉRIQUE DU CALCIUM. Or, la ration des laitières est très rarement carencée. Pourquoi les vaches n'utilisent-t-elles pas ce calcium ? Cette pathologie, qui n'est pas une fatalité, est essentiellement liée à la conduite alimentaire en fin de gestation. Le diagnostic et le traitement peuvent paraître simples. La mise en place d'une perfusion de calcium remet la vache debout. Mais les pertes économiques induites sont importantes : non-délivrance, mammites, acétonémie, déplacement de caillette, lésions musculaires et parésie… Et il ne faut pas oublier les vaches qui présentent une forme sub-clinique non diagnostiquée et non traitée. Les symptômes n'apparaissent pas, mais le déséquilibre est bien là. Et il provoque des pertes de production.
Pour bien comprendre, il faut savoir qu'au moment de la mise bas, les besoins en calcium sont très élevés. La fièvre de lait survient lorsque la vache est incapable d'absorber le calcium alimentaire ou de mettre en circulation le calcium osseux.
Plusieurs facteurs se conjuguent pour favoriser ou prévenir la fièvre de lait.
• Le calcium : les méthodes d'alimentation actuelles suppriment généralement tout risque de carence. L'inverse est possible, en particulier lorsque la vache reçoit la même ration que celle en lactation.
• Le potassium, le sodium, le chlore et le soufre : ces éléments interagissent pour créer un certain équilibre d'anions et de cations, que l'on appelle la Baca (balance alimentaire cations-anions). S'il y a trop de cations (potassium et sodium) par rapport aux anions (chlore et soufre), l'assimilation du calcium sera freinée. C'est pourquoi il est recommandé d'avoir une ration prévêlage avec une Baca négative (plus d'anions que de cations) sans trop de potassium. Le potassium est présent dans l'herbe jeune, notamment au moment où la pousse est rapide. On en trouve aussi dans les légumineuses. On agira en utilisant de préférence de l'ensilage de maïs ou du foin de graminées récolté à maturité. En cas d'impossibilité de modifier cette alimentation de base, on aura recours aux sels anioniques. Cependant, en raison de leur faible appétence, ils n'apporteront qu'une solution à court terme.
Par ailleurs, l'apport de bicarbonate de sodium augmente la Baca et diminue donc l'absorption de calcium. Il ne faut pas oublier de le supprimer.
• L'équilibre azote-énergie en fin de période sèche : la vache sous-consomme avant et après le vêlage. Cette diminution peut atteindre 20 %. Si une reprise d'état a été observée pendant la période de tarissement, la mobilisation des graisses de réserve sera extrêmement rapide ensuite. Elle aura un effet négatif sur la capacité du foie à activer la vitamine D3. Les graisses mobilisées se stockent dans les cellules hépatiques, rendant l'organe peu efficace. La prévention de la fièvre de lait passe donc par une concentration énergétique suffisante de la ration.
D'autres mesures préventives devront être utilisées : apport par le minéral de magnésium, de sélénium, de vitamine E et d'oligo-éléments.
En pratique, on peut créer un lot de vaches devant vêler dans les quinze jours. Elles recevront une alimentation contrôlée et équilibrée, apportant de l'énergie en quantité connue.
Pour soigner une vache atteinte de fièvre de lait, le vétérinaire lui administre, par perfusion, du calcium et une solution énergétique avec glucose. © CLAUDIUS THIRIET
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