Pas de veaux exempts de pathologies pulmonaires sans conditions d'hébergement adéquates en hiver.
CLASSIQUE CETTE ANNÉE : COMME CHAQUE HIVER, QUAND LES BÂTIMENTS se sont fermés, de nombreux veaux se sont mis à tousser, voire à souffler. On ne le répétera jamais assez : ces jeunes animaux, dont le système immunitaire est encore fragile et dont le volume du poumon est faible par rapport leur taille, sont très sensibles aux pathologies pulmonaires. Bien sûr, le passage d'un virus tel que le RSV ou le PI3 est déterminant dans l'apparition de pathologies pulmonaires virales. Mais les conditions d'hébergement des animaux sont l'un des facteurs majeurs. Ce n'est pas pour rien que chaque année, nous soignons de façon récurrente des veaux atteints de pneumonie, toujours aux mêmes endroits. En cas de pneumonies à pasteurelles, l'importance du bâtiment est encore plus clairement établie. En effet, ces pasteurelles se trouvent naturellement au niveau des narines d'un grand nombre de bovins. Sous l'effet de stress et de mauvaises conditions d'ambiance, elles colonisent alors facilement le poumon. Si elles ne sont pas traitées à temps par des antibiotiques, elles y provoquent des lésions irréversibles avec, à la clé, pour les animaux une diminution de leur croissance et une baisse des performances zootechniques. Elles peuvent également être à l'origine de rechutes fatales pour les veaux.
SUS AUX COURANTS D'AIR POUR PRÉSERVER LES PETITS ANIMAUX
Parmi les défauts facilement identifiables dans un bâtiment, le manque de ventilation est un classique. Il se caractérise par des zones où se dégagent des odeurs d'ammoniac. Son taux dans l'air est alors supérieur à 5 ppm et irritant pour les bronches. La sensation d'humidité avec des zones de condensation et/ou de moisissures est également un signe de manque évident de ventilation. Ce défaut est un terrain propice au développement des bactéries et à la fragilisation des voies respiratoires des animaux. Bien sûr, la présence de courants d'air n'est pas meilleure pour les petits veaux. D'ailleurs, ils fuient les endroits où l'air est trop rapide. Voyez comme ils aiment à se retrouver là où sur une case collective, un faux plafond a été judicieusement installé pour les protéger des retombées d'air froid sur leur dos. Il est également important de vérifier la température des litières car elles peuvent être un véritable « bouillon de culture » si leur température dépasse 40°C à 10 cm de profondeur. Il devient alors impératif de les curer. La vaccination des animaux contre les pathologies pulmonaires virales et bactériennes peut être également une bonne solution. Mais en cas de pasteurellose évoluant de façon chronique dans un cheptel, la réalisation d'un bilan de ventilation avec la mise en place de fumigène est totalement nécessaire. Contrairement à ce qu'on pense, des petites modifications peu coûteuses sont souvent possibles pour améliorer considérablement la qualité de l'hébergement des veaux.
Quand un grand nombre de veaux est touché, il est nécessaire de vérifier leur statut immunitaire. La bonne immunité des animaux passe par la prise du colostrum dans l'heure qui suit leur naissance en quantité suffisante (2 litres). Ce colostrum doit être de bonne qualité. Pour cela, les vaches doivent être correctement vermifugées, disposer d'une ration équilibrée, avoir un bon état sanitaire et pas de carences en oligo-éléments.
Vérifier la température des litières car elles peuvent être un véritable bouillon de culture. Si à 10 cm de profondeur, on dépasse 40°C, il devient impératif de curer. © christian waier
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