 Au Salon de l'agriculture, Stéphane Le Foll et Delphine Batho ont réitéré la nécessité d'une mise aux normes des élevages pour éviter à la France de lourdes sanctions financières pour non respect d'une directive qui date de 1991. (© Terre-net Média) |
Les éleveurs disposeront de trois ans supplémentaires, jusqu'en 2016, pour creuser des fosses de stockage des effluents d'élevage aux capacités exigées par Bruxelles, travaux dont le coût leur paraît insupportable alors que leurs charges ont fortement augmenté cette année. De même, le seuil de pente interdisant aux éleveurs de montagne d'épandre le fumier est rehaussé de 7 à 10 % de pente. En visite au Salon de l'agriculture, Stéphane Le Foll et Delphine Batho ont réitéré la nécessité d'une mise aux normes des élevages pour éviter à la France de lourdes sanctions financières pour non respect d'une directive qui date de 1991.
Ce règlement vise à réduire les apports d'azote dans les sols, qui contaminent les cours d'eau et les nappes phréatiques. Mais « à l'issue d'une concertation engagée avec la profession agricole » expliquent les ministres dans un communiqué, ils ont proposé des adaptations de calendrier et de pratiques notamment. Le ministère de l'Agriculture estime aussi qu'en octroyant un délai plus long aux agriculteurs, ils auront le temps de modifier leurs pratiques dans les champs en optant, par exemple, pour des rotations de culture différentes qui piègent les nitrates, le semis direct sur sols couverts, le non labour...
« Renforcer la législation »
Pour éviter les infiltrations d'azote, l'épandage du lisier est décommandé pendant les mois où le sol se trouve à nu : l'idée est donc de le laisser couvert le plus longtemps possible. « La lutte contre la pollution diffuse par les nitrates est un enjeu important qui s'inscrit dans un contexte de contentieux communautaire », rappellent les ministres en défendant la nécessité de « renforcer la législation ».
« On a un contentieux européen, mais dans un exercice contraint on essaie de soutenir l'élevage », a indiqué Mme Batho à l'Afp. « Sans en rabattre sur les exigences environnementales, mais avec bon sens ». Les principales organisations agricoles et les éleveurs dénoncent depuis plusieurs mois un "millefeuille" réglementaire inapplicable et des dépenses insupportables alors que les coûts de production ne cessent de grever leur activité.
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