Eleveurs et acheteurs se sont retrouvés en face à face cette année encore, au concours de bovins de boucherie de haute valeur qui se déroulait à Valenciennes le 9 mai dernier. 170 animaux représentés ont donné le ton d’un concours haut en couleurs.
![]() Le 1er prix de championnat, une génisse de race Blanc Bleu Belge, est repartie pour 9.50 euros du kg/carcasse pour un boucher de Seclin : Daniel Leurs. (© Acti-Ouest) |
Une silhouette envoutante
Race d'origine locale et rustique, elle a su s'adapter à l’élevage dans le nord de la France. Les éleveurs n’hésitent pas à la croiser pour en retirer un meilleur rendement, grâce à sa silhouette de type culard. L'absence de gras rend les muscles saillants sous la peau. La musculature est homogène sur tout le corps, des épaules aux cuisses en passant par le dos et les reins. L'hypertrophie musculaire donne une carcasse très lourde avec un pourcentage exceptionnel de viande : 75 %.
Dans cette carcasse, la viande est maigre (peu de déchet à la découpe) et le pourcentage de morceaux nobles (à griller) est élevé, ce qui plait aux bouchers qui s’en sortent avec une meilleure rémunération à la vente. C'est aussi une race docile, ce qui est appréciée des éleveurs. Dans l’assiette, elle ressort gagnante car des tests de saveur n'ont pas donné de différences notables sur le steak, ils ont même démontré la supériorité du rôti en tendreté.
Des races en plus sur la foire
Auparavant, le concours de Valenciennes avait la spécificité de ne présenter que la race Blanc Bleu, mais depuis trois ans celle-ci connait la concurrence des autres races. La parthenaise et la blonde d’Aquitaine font petit à petit leur place pour ne laisser que 50 % de parts de marché à la race star de cette foire. Phénomène qui ne déplait pas aux acheteurs qui voient la demande d’approvisionnement en race Blanc Bleu Belge baisser, ce qui les poussent à accueillir à bras ouverts les autres races à viande et ainsi à élargir le chant d’action des éleveurs.Les négociations ne se sont pas envolées
La plaque marque les prouesses de l’animal mais la négociation est toujours un rendez-vous à ne pas louper pour les acteurs. En cette période de crise où la consommation de bonne viande reste boudée par des ménages qui s’orientent sur des produits de qualité standard, les prix de vente n’ont pas flambé mais sont restés dans le raisonnable.
Le 1er prix de championnat, une génisse de race Blanc Bleu Belge, est repartie pour 9.50 euros du kg/carcasse pour un boucher de Seclin : Daniel Leurs, boucher, charcutier, traiteur du magasin "Fred Réception".
Daniel Leurs, boucher, charcutier, traiteur à Seclin, a été primé à Valenciennes
Il a remporté le grand prix sur le concours d'animaux de Valenciennes de la meilleure qualité de viande bovine française. Son prix lui a été remis par Laurent Rigaud, président de bouchers charcutiers traiteurs du Nord. Les 2ème (vendu 8.50 euro) et 3ème (vendu 8.00 euro) grands prix de championnat ont connu une baisse de 1 euro à 1.50 euro, et tapisseront les étals de grandes surfaces.
Un bilan mi-figue, mi-raisin pour le président des Concours de Haute valeur Bouchère, Jean-Yves Renard : « Cet effet de crise qui pèse sur la viande donne un coup de ralenti sur les concours de la Pentecôte. Sur l’année, les étals se vident moins bien en Gms, le budget pour les concours est forcément mois large et de plus, nous sommes sur les semaines du veau. Mais le fait de n’avoir que deux concours en cette période permet de maintenir un commerce correct et de valoriser au mieux le travail des éleveurs. »
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