 « Au pré, l’ingestion est une activité plus exigeante en énergie parce que l’herbe doit être arrachée et que les quantités ingérées à chaque bouchée sont plus faibles. » (© Terre-net Média) |
Les vaches à la crèche ont reçu, à volonté, de l’herbe fauchée sur la parcelle qui était à moitié pâturée par l’autre groupe. La production laitière, la composition du lait et le poids vif ont été enregistrés à chaque traite. La dépense énergétique de chaque vache a été déterminée une fois par période en utilisant la méthode de dilution du bicarbonate
13C. L’activité physique et le comportement alimentaire ont été enregistrés.
Activité supérieure
Les résultats montrent tout d’abord que la production laitière (42,8 kg/j) n’a pas différé entre les traitements. Par contre, pendant la période de détermination de la dépense énergétique de 6h, les vaches au pâturage ont produit plus de CO2 (251 kJ/kg PV0,75 contre 204 kJ) ; cette production supérieure traduit une activité, et donc une dépense d’énergie, plus importante (+21 %) que les vaches à la crèche (voir tableau ci-dessous).
 Tableau des résultats, comparaison entre animaux en stabulation et en pâture. (© DR) |
Le nombre de pas, la proportion de temps en mouvement et la proportion de temps passé à ingérer ont augmenté pour les vaches au pâturage. Le temps passé à l’ingestion s’est d’ailleurs fait au dépends du temps de rumination. En revanche, les vaches à l’étable ont passé plus de temps debout et à ruminer.
Pour manger, d’abord trouver puis prélever
Dans le travail d’analyse statistique, des corrélations positives ont été trouvées entre la dépense énergétique et la durée d’ingestion, ainsi qu’entre la dépense énergétique et la locomotion. Ces liens confirment donc que ces activités sont d’importance prioritaire pour la détermination des besoins énergétiques des vaches au pâturage.
« En fait, la durée d’ingestion et celle de locomotion ne sont pas indépendantes : l’ingestion comporte en effet une partie de locomotion liée à la recherche et la récolte du fourrage, moins importante en stabulation », expliquait Luzia Kaufmann, chercheuse à la Station de recherche Agroscope Liebefeld-Posieux (Suisse) le 2 décembre dernier à Paris.
En réalité, au pré, l’ingestion est une activité plus exigeante en énergie parce que l’herbe doit être arrachée et que les quantités ingérées à chaque bouchée sont plus faibles. Du coup, pour un niveau d’ingestion équivalent, la vache doit donc réaliser un nombre de bouchées plus important.
Un outil intéressant pour les systèmes pastoraux
La dépense supplémentaire au pré s’explique également par les distances d’accès au pâturage, « et probablement aussi par sa configuration (distance aux accès d’eau…). Une variation systématique des conditions de pâturage – fibrosité, préhensibilité de l’herbe, topographie de la prairie… – permettrait de mieux séparer et quantifier ces différentes composantes de la dépense énergétique ».
Ce travail de recherche confirme par ailleurs que la méthode de dilution du bicarbonate 13C constitue un outil intéressant. « Ce dernier permet en effet de déterminer les variations des échanges énergétiques dans des situations où l’animal peut bouger librement dans son milieu naturel, au contraire de la mesure en chambre respiratoire. Il pourrait donc être utilisé pour mieux discerner et préciser l’importance des différents facteurs influençant les besoins énergétiques dans les systèmes pastoraux » concluait Luzia Kaufmann.
Pour aller plus loin : www.inst-elevage.asso.fr.
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