Le lycée agricole de Vire a fabriqué, l'hiver dernier, un concentré composé à 40 % de lupin blanc d'hiver en graines entières. Résultats satisfaisants sur les génisses qui en ont reçu.
DISTRIBUER DU LUPIN AUX VEAUX, C'EST LE TEST réalisé par le lycée agricole de Vire (Calvados) de début décembre 2015 à fin juin 2016. Il participe à la recherche d'autonomie alimentaire pour son élevage laitier. En août 2015, la ferme a récolté seulement 3 tonnes de lupin blanc d'hiver sur 1,2 ha(1) qu'elle a destiné aux veaux. Les graines constituent 40 % du concentré fermier distribué. Le lupin est apporté graines entières, ce qui simplifie le travail. Les 60 % autres sont de l'orge, du maïs grain, des pulpes de betterave et luzerne déshydratées (photo). « À notre demande, un fabricant nous a livré un aliment avec ces quatre ingrédients », précise Carole Bes, coresponsable de la ferme du lycée.
« OBJECTIF : 115 G DE PDI ET 1 UFL DANS 1 KG DE CONCENTRÉ FERMIER »
La confection du concentré fermier n'est pas réalisée au hasard. « Nous nous sommes appuyés sur une expérimentation de la ferme des Trinottières (Maine-et-Loire). Il y a quinze ans, elle a testé un mélange 40 % de lupin-60 % de maïs grain. Nous avons repris ce pourcentage de lupin », indique David Delbecque, de la chambre d'agriculture du Calvados, dont le lycée a sollicité la collaboration. De même, il s'est appuyé sur les préconisations de l'Institut de l'élevage pour les concentrés fermiers destinés aux veaux, à savoir 0,95 à 1,05 UFL et 105 à 125 PDI par kilo brut. « Nous nous en approchons. Tout dépend de la valeur alimentaire du lupin blanc retenue », explique-t-il.
Si l'on se réfère aux tables Inra 2007, le kilo brut du concentré du lycée fournit 1 UFL, 111 g de PDIN et 90 g de PDIE. Si l'on retient les valeurs de Terres Univia-Arvalis obtenues sur un lupin plus grossier, il est plus riche en azote : 121 g de PDIN et 110 g de PDIE. « Le mélange est dans ce cas conforme aux préconisations. Il faut travailler avec cette incertitude. »
« UN MÉLANGE APPÉTENT APPORTÉ MATIN ET SOIR »
Il est distribué matin et soir à hauteur de 2 kg à 3 mois (sevrage tardif) pour monter à 4 kg à 6 mois, complété par de la paille et du foin. « Dès le démarrage, les animaux poussent bien », se souvient Carole Bes. Pour en avoir le coeur net, des élèves de première et de terminale et leur professeur de zootechnie suivent sept génisses depuis leur naissance (en décembre ou janvier) à la mi-mai. Le poids de naissance est estimé au ruban (en moyenne 42 kg), puis une pesée est effectuée le 1er mars, une seconde le 12 mai. Entre les deux,le gain moyen quotidien est de 1 160 g avec un écart de 875 à 1 320 g selon les veaux.
Entre la naissance et la seconde pesée sur des veaux âgés de 3,5 à 5,5 mois, le GMQ est de 944 g, variant de 702 à 1 190 g. À comparer aux 929 g obtenus en 2002 et 2003 à la ferme des Trinottières, « ces résultats sont satisfaisants, juge Carole Bes, d'autant plus que les veaux ont souffert de problèmes pulmonaires et de diarrhées. L'attention apportée par les salariés a aussi participé à cette réussite. » Seul bémol : l'observation de ballonnements sur des génisses, sans doute dus à la mouture fine de l'orge.
Le lycée réfléchit à renouveler le test dans un an avec un mélange plus simple : 40 % de lupin-60 % de maïs.
CLAIRE HUE
(1) Dégâts causés par le gibier.
Ce mélange contient 40 % de lupin, 15 % d'orge produite sur la ferme, 15 % de maïs grain, 20 % de pulpe de betterave déshydratée et 10 % de luzerne déshydratée.
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