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Courbe de lactationLa production laitière des vaches allaitantes, un enjeu qui pèse !

Au cours des trois premiers mois de sa vie, l’alimentation du veau est essentiellement lactée. Une bonne prise de poids durant cette période conditionne les performances futures. (©Terre-net media)
Au cours des trois premiers mois de sa vie, l’alimentation du veau est essentiellement lactée. Une bonne prise de poids durant cette période conditionne les performances futures. (©Terre-net media)

Durant les premiers mois de sa vie, l'alimentation du veau est exclusivement lactée. Les performances zootechniques de l'exploitation dépendent donc en partie du niveau de production des mères allaitantes.

60 g de gain de poids par kilo de lait bu

Un kilo de lait bu supplémentaire correspond en moyenne pour un veau à un gain marginal de croissance journalière d’environ 60 à 90 g, soit l’équivalent d’un apport de 250 à 300 g d’aliment concentré à base de céréales, d'après une étude sur la production laitière des vaches allaitantes réalisée par l'Inrae. Le lait permettrait également de développer davantage le maigre de l’animal que le concentré. Au cours des trois premiers mois de sa vie, l'alimentation du veau est essentiellement lactée d'où l'importance d'avoir des vaches avec un bon potentiel laitier

Un pic de lactation atteint entre le 1er et le 3ème mois

La production des vaches allaitantes progresse plus lentement après le vêlage que celle des vaches laitières. Les races à viande affichent une courbe de lactation plus plate que les races laitières. Le maximum de lactation est atteint entre le premier et le troisième mois après le vêlage, et la production reste élevée tout au long de cette période. Pour les veaux d’hiver, un second pic de lactation s'observe lors de la mise à l’herbe.

Courbe de lactation des vaches allaitantes
Les meilleures productrices atteignent leur pic de production plus tardivement. (© Inrae)

La Limousine, moins bonne laitière que la Salers et la Charolaise 

Pour une lactation d'une durée moyenne de 271 (± 21) jours, les Salers produisent en moyenne 2 247 (± 470) kg de lait. Les Charolaises produisent 1 840 (± 355) kg de lait pour une lactation moyenne de 266 (± 26) jours et les Limousines, moins bonnes productrices, produisent 1 628 (± 313) kg de lait pour une lactation moyenne de 276 (± 19) jours. 

Indépendamment de la parité, une Salers produit ainsi en moyenne 8,3 (± 2,1) kg de lait par jour, contre 6,9 (± 1,3) kg pour une Charolaise, et 5,9 (± 1,2) kg pour une Limousine. 

Courbe de lactation des vaches Salers, Charolaises et Limousines
En moyenne, une Salers produit 2,4 kg de lait de plus par jour qu'une Limousine. (© Inrae)
 

11 % de production en moins pour les primipares

La quantité de lait produite dépend à la fois du potentiel de l’animal, et de sa race. La production laitière d’une Salers multipare avoisine par exemple les 10,4 kg/j, contre 8,3 kg/j pour la Limousine et 10,3 kg/j pour la Charolaise. À l’échelle d’une lactation, les primipares de races Salers produisent 280 kg de lait de moins que les multipares, 179 kg pour les primipares Limousines, et 200 kg pour les Charolaises. La production des primipares est ainsi inférieure à celle des multipares de l’ordre de 11 à 12 %.

Comparaison de la production laitière des multipares et primipares en vaches allaitantes
La production moyenne d'une primipare Salers et de 7,3 kg/j contre 8,5 pour une multipare. (© Inrae)

Un rebond de production 20 jours après la mise à l'herbe

La mise à l’herbe entraîne un rebond de la production laitière environ 20 jours après la sortie en pâture. C’est en moyenne un regain de production de 1,2 kg/j qui est observé pour les Salers, et de 0,9 kg/j pour les Charolaises. Quant aux Limousines, aucune répercussion de la mise à l’herbe ne s’observe sur leur courbe de lactation. Par ailleurs, une mise à l’herbe éloignée du vêlage aura moins d’impact sur la production laitière qu’une mise à l’herbe précoce. Ce regain de production s’explique à la fois par le niveau d’ingestion élevé permis par le pâturage, et la qualité des fourrages pâturés. 

Entre 3 et 9 tétées par jour pour un veau de 40 jours

La production laitière dépend également de la capacité du veau à solliciter sa mère. Les veaux les plus lourds à la naissance présentent généralement de bonnes vitesses de croissance. En début de lactation, la production laitière dépend en partie de la capacité du veau à vider la mamelle. En grandissant, le nombre de tétées ainsi que leur durée diminuent. Un veau Salers élevé en stabulation réalise entre 3 et 9 tétées par jour à l’âge de 40 jours, contre 2 à 4 à l’âge de 5 mois.

La production dépend aussi du nombre de veaux. La production laitière d'une vache allaitante avec deux veaux augmente de 20 à 60 % selon les ouvrages de référence. Quoi qu’il en soit, ce regain de production ne permet pas de couvrir les besoins de chaque veau.

Une moindre efficacité énergétique du lait à partir de 1 600 kg bus

La croissance du veau est liée à la productivité de la mère, mais à partir des 1 600 kg de lait bu, l’efficacité du litre de lait bu est moindre. À ce niveau d’ingestion, l’énergie est davantage utilisée comme stock de lipides, plus demandeurs d’énergie. Au-delà des quatre premiers mois de lactation, avec le développement du rumen, le veau diversifie son alimentation.

Un lait plus gras que les vaches laitières

La composition du lait des vaches allaitantes est assez peu référencée. L’Inrae estime le TB autour des 45 g/kg, et le TP des 33 g/kg. Cependant, comme pour les vaches laitières, les taux doivent varier selon les conditions d’alimentation, la période de vêlage, et même au cours de la lactation. S’il est difficile d’estimer la composition du lait des vaches allaitantes, elles doivent toutes produire un lait semblable quelle que soit leur race, car pour une même quantité de lait ingérée en Salers, Limousine et Charolaise, les gains de poids sont similaires.

En vêlage d’hiver, les vaches ayant vêlé précocement présentent des niveaux de production inférieurs à ceux des vaches ayant vêlé aux dates prévues. Cela peut s’expliquer par le fait que l’intégralité du troupeau est tari en même temps, lors du retour à l’étable.

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