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 Des animaux mieux valorisés grâce aux nouvelles machines de classement des carcasses. (© Terre-net Média)
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Depuis le 1er juillet dernier, entre progressivement en vigueur la
réforme des cotations des bovins et des ovins. Cette réforme porte à la fois sur les grilles, sur la gouvernance des commissions de cotation et sur le découpage géographique. Elle est une nouvelle étape dans la mise en œuvre de la
loi de modernisation de l’agriculture.
Les prix des carcasses plus équitables
C’est en fait la baisse du nombre de régions de cotations qui crédibilise cette réforme en cours en rendant dorénavant le système de fixation des prix des carcasses des animaux abattus plus équitable. Avec des régions nombreuses, il était apparu que les grilles de cotations des carcasses des animaux les mieux conformés (Eur) étaient parfois déséquilibrées, avec des prix tirés vers le bas, faute d’animaux en nombres suffisants sur la zone cotée. Les effectifs importants de vaches laitières de réforme écrasaient en particulier les cours des animaux de race à viande dans les régions laitières. Ce qui pouvait conduire à les déclasser et à les payer à un prix moindre.
Avec quatre régions de cotations, les animaux regroupés par tiers de classe seront en nombre suffisant pour établir des cotations réalistes par catégorie. Font exception à la règle, les vaches à viande de plus de dix ans et certains animaux en classe O (des animaux laitiers ou mixtes). Pour ces derniers, les cotations seront établies au niveau national à partir de moyennes pondérées des prix constatés dans chaque centre de cotation.
Une meilleure connaissance à l’échelle européenne du marché des viandes
Il reviendra sinon aux commissions de cotation des quatre régions (basées à Dijon, Lille, Rennes et Toulouse) de collecter les prix des animaux issus des abattoirs pour établir les grilles de cotation. Elles seront diffusées auprès de tous les acteurs de la filière viandes et serviront de document de référence pour les marchés. L’agrégation de ces grilles sera aussi transmise à Bruxelles, conformément aux obligations communautaires, pour alimenter des références de cours et avoir ainsi une meilleure connaissance à l’échelle européenne du marché des viandes. Enfin, les commissions seront des instances compétentes nécessaires pour apprécier le fonctionnement des marchés.
Au final, les prix des animaux payés aux éleveurs seront plus représentatifs car ils se référeront à des grilles établies pour chacune des catégories par tiers de classe. Mais il est impossible d’évaluer à ce stade quel sera l’impact de ces grilles sur les prix des animaux.
Ceci dit, pour que la réforme des cotations soit un succès, le nouveau dispositif de classification est d’ores et déjà renforcé par l’introduction de machines de classement des carcasses dans les abattoirs. En associant à ce dispositif les petites structures qui abattent souvent des animaux de qualité supérieure (seuils planchers retenus de plus de 5.000 animaux abattus par an dans des abattoirs de plus de 3.000 tonnes de bovins par an ), il sera plus aisé de collecter toutes les cotations nécessaires pour construire des grilles complètes, même avec des effectifs réduits.
Pour les « gros bovins entrée abattoir » (Gbea), les nouvelles dispositions entreront en application en octobre prochain. Pour les autres catégories d’animaux - bovins et ovins -, la date retenue est le 1er janvier 2012. Toutefois, le dispositif prévoit une période d’observation d’un an pour apprécier le bon fonctionnement du nouveau système de cotation.
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