BRUXELLES, 17 déc 2013 (AFP) - Imposer dans l'UE l'étiquetage du pays d'origine des viandes dans les plats préparés, comme le réclame la France sur fond de trafics de viande, serait coûteux pour l'industrie et le consommateur, a mis en garde mardi la Commission Européenne.
Une telle obligation, en faveur de laquelle les députés français ont voté dans la nuit de lundi à mardi, entraînerait « des coûts supplémentaires pour les exploitants du secteur alimentaire dans une fourchette allant de 15 % ou 20 % à 50 % », chiffre la Commission dans un rapport. Réclamée par les Etats après le scandale de la viande de cheval dans les lasagnes, cette étude d'impact souligne que l'industrie de transformation de la viande dans l'UE serait confrontée « à des difficultés opérationnelles exigeant des adaptations radicales ».
Travaillant avec des viandes diverses et de multiples origines, la filière représente plus de 13.000 entreprises et emploie 350.000 personnes avec un chiffre d'affaires de 85 milliards d'euros. Pire, si les Etats renaclaient à consacrer plus de fonds pour imposer ce renforcement de traçabilité, comme prévisible par temps d'austérité, la mesure pourrait être contre-productive, en provoquant « une réduction de la fréquence des contrôles », insiste la Commission. Le tout alors que, selon cette étude, les consommateurs, s'ils sont massivement favorables à plus de traçabilité, ne sont pas prêts à en payer le prix.
La mesure voulue par la France pourrait ainsi « entraîner une diminution de la consommation des produits à base de viande » et avoir « un impact négatif sur l'emploi ». Surcoût et difficile adaptation seraient aussi à l'ordre du jour, quoique dans une moindre mesure, si une option intermédiaire imposant la mention UE ou non UE était retenue, estime la Commission qui a travaillé sur trois scénarios. Le troisième, le statu quo consistant à maintenir l'indication de l'origine sur base volontaire ne satisfairait pas à la demande des consommateurs pour plus de transparence, convient le rapport. Mais la Commission insiste sur le fait qu'une meilleure information sur l'origine ne signifie pas plus de sécurité, « tous les produits fabriqués ou importés dans l'Union étant par définition "sûrs" ».
La Commission entend désormais envoyer la balle dans le camp des Etats membres et du Parlement européen pour qu'ils arbitrent si une législation s'impose ou non. Plusieurs eurodéputés français sont déjà revenus à la charge en faveur des exigences françaises mardi, après la révélation lundi d'un nouveau trafic de viande de cheval impropre à la consommation dans le sud de la France.
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