Les Européens devraient rester exposés à consommer, sans le savoir, de la viande ou du lait issus d'animaux clonés, aux termes de nouvelles propositions de la Commission européenne pour baliser cette pratique.
Deux ans après un premier échec de l'UE à trouver un accord pour contrôler le clonage animal et la commercialisation des aliments en dérivant, la Commission européenne proposera, en principe mercredi prochain, un nouveau « paquet législatif » sur la question, a annoncé vendredi une de ses porte-parole.
Selon une source européenne, la Commission devrait proposer d'interdire le clonage animal à but alimentaire dans l'Union européenne, où il ne se pratique quasiment pas, à l'exception du Danemark.
Mais, sauf suprise, et pour ne pas imposer à ses partenaires commerciaux américains des conditions jugées irréalistes, la Commission n'entend par contre pas proposer de bannir la viande ou lait des descendants d'animaux clonés, ni d'imposer l'étiquetage de ces produits.
« Le Parlement européen va nous sauter à la gorge », prévoyait-on déjà à la Commission, tandis que France et Allemagne, partisans déclarés de la traçabilité des produits du clonage devraient aussi passer à la contre-offensive.
La viande de clones ne se mange pas, au vu du prix très élevé de ces spécimens. Mais leurs embryons et semences sont commercialisés et exportés, et leurs descendants élevés en particulier aux Etats-Unis, Argentine, au Brésil et en Uruguay. Ces pays n'enregistrent pas cette production au niveau national, ce qu'invoque la Commission européenne pour exclure la possibilité d'une traçabilité.
Même si l'UE produit la plupart de ses produits bovins, et du matériel reproductif de ses élevages, le consommateur européen est déjà exposé à consommer des produits issus du clonage animal.
Commission, Parlement européen et gouvernements avaient échoué une première fois en 2011 à s'entendre sur un encadrement, après trois ans de négociations infructeuses, les Etats jugeant exagérées les exigences de traçabilité des eurodéputés.
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