ROME, 05 déc 2013 (AFP) - Une demi-douzaine de cochons devant le Parlement : les éleveurs italiens sont venus à Rome jeudi pour protester contre les importations de produits semi-finis servant à préparer des spécialités nationales comme les pâtes, la mozzarella ou le jambon.
Cette manifestation était organisée par le syndicat des agriculteurs Coldiretti dans le cadre d'une initiative appelée "La bataille de Noël : choisis l'Italie pour combattre les imitations". La Coldiretti a même mis en place un poste à la frontière avec l'Autriche où elle filtre et contrôle, avec l'aide des forces de l'ordre, les importations de denrées alimentaires.
Selon le syndicat, jusqu'à 33 % des produits sortant des grands entreprises italiennes alimentaires sont en réalité d'origine étrangère même s'ils portent le label « Made in Italy ». Dans un manifeste, l'organisation a demandé entre autres au gouvernement de parachever l'adoption d'une série de lois rendant obligatoire sur les étiquettes l'origine des produits agroalimentaires et de réserver les aides publiques aux entreprises italiennes utilisant des matières premières produites dans la péninsule. « Nos exploitations agricoles sont au bord du précipice », dénonce Augusto Musardo, 23 ans, qui produit des olives et du blé dans la région de Lecce, dans le sud de l'Italie. « Le gouvernement devrait imposer des étiquettes plus explicites et bloquer ces importations », dit-il.
La Coldiretti affirme que deux jambons sur trois vendus comme du « Made in Italy » sont en fait produits au moyen de porcs étrangers, élevés aux Pays-Bas, au Danemark, en France, en Allemagne et en Espagne, accusant la plus grande entreprise du pays dans ce domaine, Parmacotto, d'avoir triplé ses importations de porcs l'année dernière. « Parmacotto utilise des produits de base achetés en Italie pour couvrir 100 % de ses besoins », a rétorqué pour sa part à l'AFP un porte-parole de l'entreprise.
Selon Coldiretti, un tiers des pâtes italiennes sont fabriquées avec du blé importé, la moitié des mozzarellas avec du lait provenant de l'étranger tandis que la moitié de l'huile d'olive serait issue d'olives importées. La ministre italienne de l'Agriculture, Nunzia De Girolamo, a apporté son soutien aux agriculteurs, estimant que la défense de produits entièrement italiens pourrait être un moyen de plus « pour sortir de la crise ».
La Coldiretti assure que 36.000 éleveurs ont perdu leur travail depuis 2007. « Huit mille de ces emplois étaient dans l'élevage de cochons, l'équivalent d'une grande entreprise industrielle. Un pays en crise comme le nôtre ne peut pas se le permettre », a déclaré au cours de la manifestation Roberto Moncalvo, patron de la Coldiretti.
Le syndicat du patronat, Confindustria, a pour sa part dénoncé « la logique protectionniste » de la Coldiretti et a défendu la libre circulation des biens dans l'Union européenne.
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