« Cette annonce nous y sommes favorables, mais on est loin du compte encore parce qu'on ne sait pas quand ça va être mis en place, ni quel niveau de smic sera mis en place en Allemagne », a dit à l'AFP Michel Bloc'h, président de l'Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne (UGPVB). « Chaque jour qui passe ce sont des emplois de perdus pour les filières viandes françaises. Car cette distorsion est absolument insupportable », a regretté le responsable de la filière bretonne touchée de plein fouet par la crise de l'agroalimentaire.
Michel Bloc'h, qui parle d'une distorsion de concurrence de 5 à 6 euros par porc, a également assuré que selon lui, « on est loin de retrouver une concurrence saine et loyale ». A défaut d'une application rapide du salaire minimum en Allemagne, Michel Bloc'h a suggéré « pour contrecarrer le dumping social » de systématiser les « mentions d'origine » sur les produits. Même son de cloche chez Philippe Bizien, président du comité régional porcin de Bretagne (CRP), qui a estimé que le principe du salaire minimum allemand « est positif ».
Mais « le gros souci, c'est le délai de mise en œuvre, on parle de 2017 ». « D'ici là, il est possible qu'il y en ait d'autres (entreprises, ndlr) qui tombent. La distorsion est telle que quelques années de plus, on ne pourra pas supporter », a-t-il dit. « Les délais de mise en œuvre sont beaucoup trop long et cela a sans doute été fait à dessein pour pouvoir laminer les concurrences pendant encore quelques années », a-t-il dit. Philippe Bizien a précisé que les producteurs de porcs bretons se rendront à la manifestation du mouvement des Bonnets rouges samedi à Carhaix. « Le mouvement va dans le sens de ce qu'on ressent, de ce qu'on veut porter », a-t-il dit. Le smic allemand, qui sera fixé à 8,50 euros de l'heure, pourrait être mis en œuvre à partir de 2015, avec des reports possibles pour 2017.
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