Les biscuits et pains qui ne peuvent pas être commercialisés arrivent en vrac ou emballés puis sont réduits en farine pour porcelets. (©Bonda)« Dans notre centre de dépaquetage automatisé d’Ancenis en Loire-Atlantique, ouvert il y a trois ans, nous sommes en capacité de produire 60.000 tonnes par an de farine de biscuits et autres déchets de boulangerie industrielle. Nous revendons ensuite ces farines sous la gamme Bondanut, étudiée pour l’alimentation des porcelets, explique Olivier Guisnet, directeur de Bonda France. L’an prochain, nous ouvrons un nouveau site de dépaquetage des écarts de fabrication des industries agroalimentaires au nord de Lyon. Ce nouveau site nous permettra de doubler nos volumes, d’améliorer notre zone de chalandise et de réduire les coûts de transport. »
Coproduits humides pour bovins
Filiale du groupe international Agrifirm, Bonda Nutrition Animale dont le siège est basé en Alsace, possède également une usine en Picardie. Ce site est spécialisé dans le mélange de coproduits humides et secs, tels que les drêches de brasserie, les déchets d’amidonneries (blé, maïs, pomme de terre fécule), d’usines de bioéthanol (blé), de sucreries (betterave),… Sur les 430.000 tonnes de l’ensemble des coproduits livrés par Bonda à ses 2.500 clients français, la moitié est destinée aux vaches laitières et bovins à l’engraissement. Ces coproduits humides (autours de 22 % de MS) sont vendus directement aux éleveurs par une douzaine de technico-commerciaux. L’autre moitié (coproduits secs et liquides essentiellement) sert à alimenter les porcs, pour trois quarts vendus aux fabricants d’aliments du bétail et le reste aux éleveurs porcins « fafeurs ».
Drêches de brasserie
« L’offre en coproduits est assez variable dans le temps et notre métier est d’ajuster l’offre et la demande avec un minimum de temps de stockage. Par exemple, les éleveurs ont plus intérêt à acheter les drêches de brasserie en été lorsque la consommation et la fabrication de bière sont plus importantes, plutôt qu’en hiver où le prix des drêches est plus élevé », conseille Olivier Guisnet.
Soucieux de son impact sur l’environnement et de ses coûts de transport, Bonda France cherche à réduire les distances parcourues par les coproduits, de l’industrie agroalimentaire jusqu’à la ferme. L’entreprise a réussi à diminuer son bilan carbone de 6 % l’an dernier, tout en augmentant les volumes transportés. L’implantation d’une nouvelle usine proche de la vallée du Rhône vient conforter cette stratégie de proximité avec ses fournisseurs et clients.
Spécialiste du dépaquetage
La maîtrise des consommations énergétiques passe aussi par le bon traitement des déchets d’emballage. En effet, les paquets de gâteaux ou de chips, les confiseries emballées et autres pains au chocolat que les industries agroalimentaires n’ont pas pu vendre (produits défectueux, erreurs de packaging ou de cuisson, etc) sont directement broyés par palettes entières. La farine est séparée mécaniquement des papiers et plastiques par aspiration et tamisage, sans procédé chimique ce qui génère peu de déchets. La traçabilité des produits et les traces éventuelles de plastiques dans les farines sont rigoureusement contrôlées tout au long de la chaîne.
Id de la galerie incorrectement formaté :
Chez Matthieu Carpentier, le silo libre-service va fêter ses 50 ans
Quand l’occupation gratuite devient-elle une donation rapportable ?
« J'ai toujours la même pailleuse, une occasion achetée 1 500 € il y a 20 ans »
Irlande, Italie, Allemagne, Pologne… Comment nos voisins gèrent la décapitalisation bovine ?
Prix du lait 2025 : comparer le prix de votre laiterie à celui des voisines
Quand déclencher le premier apport d’azote sur prairie ?
Engrais, élevage, légumineuses, les enjeux d’une indépendance azotée pour l’agriculture européenne
Les industriels privés demandent l’aide des producteurs
Déclin agricole français : analyser les causes... pour préparer le rebond ?
Prix du lait : des perspectives « incertaines », mais « très probablement orientées à la baisse »