PARIS, 09 oct 2013 (AFP) - Les professionnels de la viande réclament la fin des tests de dépistage de l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB, vache folle) sur les animaux arrivant en abattoir, comme l'autorise l'Europe depuis janvier 2013.
« Nous demandons juste l'application d'une mesure européenne qui a mis un terme aux tests ESB systématiques. A ce jour, seule la France et trois autres pays dont l'Allemagne, ne l'ont pas fait » a indiqué mercredi devant les députés Dominique Langlois, président de l'Association nationale inter-professionnelle du bétail et des viandes.
« Sans demander l'allègement de contrôles » a-t-il insisté, la filière qui traverse une « crise durable » a besoin de simplifications administratives dont celle-ci. Dominique Langlois s'exprimait à l'occasion d'une table ronde sur la situation des abattoirs, organisée par la Commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale. A ses côtés, Philippe Dumas, président de la coopérative Sicarev, s'exprimant au nom de Coop de France (près de 3.000 coopératives), a également réclamé la levée de cette mesure en précisant que 27 % de l'abattage est pratiqué par les coopératives.
Le directeur général à la direction de l'alimentation (DGAL) Patrick Dehaumont, interpellé, a reconnu que la pratique de tests de dépistage ESB « n'est plus une mesure pertinente ». « L'évaluation scientifique conduite au niveau européen a montré qu'on peut arrêter » a-t-il admis. D'autant que selon lui la mesure « coûte 10 millions d'euros par an à l'Etat ». « La plupart des Etats membres ont arrêté ou vont le faire dans les prochains mois. A titre personnel, je suis pour faire de même à la lumière de ces évaluations. Mais l'Anses a rendu un avis partagé » a-t-il expliqué à l'AFP à propos de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail. Selon lui, la poursuite de tests peut encore avoir « un intérêt épidémiologique, mais pas sanitaire ». « Les discussions sont en cours avec le ministère » de l'Agriculture a-t-il assuré.
Depuis 2011, l'Anses a relevé à 7 ans l'âge seuil des bovins devant être testés. La mesure, adoptée en France dès 1996, avait été étendue à l'ensemble de l'Europe en 2000 pour lutter contre l'épidémie de vache folle.
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