NICE, 09 oct 2013 (AFP) - Une cinquantaine d'éleveurs ont manifesté dans le calme mercredi matin à Saint-Martin-Vésubie (Alpes-Maritimes), où des chercheurs participent à un symposium de quatre jours intitulé « Vivre ensemble avec le loup ? », a-t-on appris auprès de la gendarmerie.
C'est précisément dans le parc national du Mercantour, tout près, que le loup avait fait son retour en France en passant les cols italiens voici 20 ans. Historiens, géographes, sociologues ou biologistes doivent explorer pendant quatre jours les passions suscitées par la présence du loup depuis l'Antiquité. Un représentant des éleveurs a été invité dans la matinée à exposer ses positions lors de cette première matinée de débats, en présence notamment de représentants du ministère de l'Agriculture et du ministère de la Recherche, selon un participant.
« Les organisateurs affirment leur credo de voir s'exprimer à l'occasion de ce symposium la diversité des approches, dans un esprit constructif et ouvert », stipulent-ils dans le préambule du programme. Le colloque scientifique est soutenu par le député européen et maire UMP de Saint-Martin-Vésubie, Gaston Franco. Ce dernier est en conflit avec le président du Conseil général Eric Ciotti, qui a mis de l'huile sur le feu mercredi en publiant à la mi-journée un communiqué de soutien aux éleveurs.
Les manifestants ont estimé que le nom même du symposium « sonne comme une véritable provocation », en rappelant que les éleveurs du département ont perdu en 2012 plus de 2.400 bêtes tuées par des loups. « Si le loup n'est plus une espèce en danger, les éleveurs de nos montagnes sont menacés », estiment plusieurs organisations d'agriculteurs dans un communiqué.
Ils se sont également donné rendez-vous jeudi devant le tribunal de Nice pour soutenir un éleveur qui comparaît pour avoir violemment agressé des agents du parc du Mercantour venus à sa demande pour réaliser un constat après une attaque de loup (une démarche nécessaire pour obtenir une indemnisation). Un agent avait reçu un coup de tête et un autre avait été frappé à coups de manche de pioche, selon la direction du parc qui avait porté plainte, tout en reconnaissant les difficultés de la profession.
Cet incident était lié « à l'exaspération, l'épuisement physique et moral d'un éleveur sous la pression permanente du loup », ont expliqué les organisateurs de la manifestation de soutien. Ces initiatives interviennent après un jugement favorable aux associations de protection des animaux sauvages, vendredi au tribunal administratif de Nice, qui a suspendu l'autorisation récente donnée aux chasseurs d'abattre des loups lors de battues au grand gibier.
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