Thierry Roquefeuil, président de la Fnpl. (©Terre-net Média)
Pas de « prix politique » mais un « prix économique », c'est à dire un prix du lait en adéquation avec les indicateurs de la poudre de lait, du beurre et des prix de vente des produits laitiers exportés. C’est la revendication de la Fédération nationale des producteurs laitiers (Fnpl, section de la Fnsea) en cette période de rentrée.
Elle estime que le prix du lait payé aux éleveurs en fin d’année devra au moins être compris dans une fourchette de 340 € à 350 € la tonne. Autrement dit, la revalorisation du prix du lait de 25 € la tonne au printemps dernier, pas toujours acquise auprès de certains collecteurs, doit être accompagnée par de nouvelles hausses d’ici décembre prochain puis se poursuivre au moins durant le premier semestre 2014. La prochaine table ronde qui réunira l’ensemble des acteurs de la filière au ministère de l’Agriculture en octobre, sera l’occasion de tester la bonne volonté de chacun d’eux pour y parvenir.
Respect des contrats
Pour Thierry Roquefeuil, président de la section spécialisée de la Fnsea, des signes montrent que l’objectif de 340 € - 350 € est atteignable. Certains collecteurs ont déjà dépassé ce seuil. « Il y a même l’argent pour appliquer les accords », défend le président de la Fnpl.
Pour la Fnpl, les contrats signés doivent tout simplement être respectés par tous et les formules de calcul du prix du lait, établies à partir d’indicateurs irréfutables, être appliquées !
Certes, ces derniers mois, la grande distribution accepte plus facilement de répercuter sur le prix de vente des produits laitiers vendus sur le marché intérieur, les hausses du prix du lait déjà appliquées aux fromages exportés entre autres. Mais rien n’est acquis pour autant. Pour preuve la bataille engagée par les producteurs de lait de Lactalis qui ne sont pas prêts de se contenter de la hausse de 25 € et de la fixation pour les prochains mois d’un « prix politique » qui ignore la conjoncture haussière du marché des produits laitiers.
Difficulté à appliquer la contractualisation en France
Si, d’ici la table ronde d’octobre, le groupe Lactalis, « donneur de leçons il y a encore quelques mois, et d’autres collecteurs "mauvais élèves" persistent à ne pas augmenter le prix du lait des éleveurs », la section spécialisée de la Fnsea n’exclut pas des poursuites judiciaires.
En fait, la contractualisation semble plus difficile à être appliquée en France qu’en Allemagne par exemple où les hausses de prix prévues dans les contrats sont plus facilement obtenues. La confiance des éleveurs outre-Rhin est même retrouvée puisque les quotas sont produits alors que la production de lait peine à se redresser en France après un nouveau décrochage au printemps.
Ceci dit, sauf accident conjoncturel imprévu, « les difficultés sont derrière nous mais on a besoin d’industriels qui tirent les prix et non pas qui nous enfoncent », défend Thierry Roquefeuil. Sinon, les cessions d’activité vont s’enchaîner et ce sera la fin du lait sur tout le territoire.
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