Dans une lettre ouverte au président de la République, CAP-Ours, une coordination d'associations qui défendent les réintroductions d'ours dans le massif, s'insurge contre la battue organisée samedi par quelques dizaines d'éleveurs dans les Pyrénées ariégeoises pour éloigner les plantigrades de leurs estives et attirer l'attention des pouvoirs publics sur les attaques dont ils se disent victimes.
« Nous dressons le constat que, depuis presque dix ans, les opposants à l'ours annoncent à l'avance des actes illégaux (battues, manifestations violentes) et les réalisent en toute impunité sans qu'il y ait une réaction de l'Etat », écrivent les signataires. « Nous espérons que les Pyrénées ne deviennent pas un coin de France où la loi de la République ne s'applique plus », ajoutent-ils.
Si la battue de samedi avait une portée symbolique et était essentiellement destinée à attirer l'attention, les anti-ours n'ont pas caché qu'ils iraient plus loin si rien n'était fait pour faire cesser les attaques, menaçant les ours d'un sort funeste.
« Nous demandons une réaction ferme de l'Etat face à ces actes illégaux et ces incitations à la destruction d'une espèce protégée », poursuit Cap-Ours, qui estime que les derniers incidents ont pour but de « faire pression sur le nouveau ministre de l'Ecologie » Philippe Martin « afin qu'il ne fasse rien en faveur de la restauration de notre population d'ours ».
Les opérations d'effarouchement sont en principe menées par les agents de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) sur décision de la préfecture.
L'ours ne subsiste plus en France que dans les Pyrénées, où la présence d'une vingtaine d'individus divise profondément la population. En 2006, les derniers lâchers avaient mobilisé des milliers d'opposants, parfois violemment.
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