Mettre trop de produits sur la mamelle nuit peut-être à l'équilibre fragile de l'épiderme. (©Terre-net Média)« Si le trempage fonctionnait bien il y a 15-20 ans, les instituts techniques devraient reconduire leurs essais aujourd’hui, car les vaches ne sont plus les mêmes, les stabulations ont été modernisées, les rations améliorées et les index cellules ont vu le jour, juge Jean-François. Chez nous, pas de lavage des trayons ni de prélèvement des premiers jets ni de trempage. Juste quelques lavettes ou la douchette pour les bêtes qui se seraient couchées dans le fumier. »
« Je ne fais pas de trempage non plus depuis belle lurette, sauf si les leucocytes grimpent ou si je repère des mammites, ajoute Relais. C’est vraiment au coup par coup et je n’ai eu aucune pénalité sur la qualité du lait l’an dernier. » « Je ne trempe plus depuis 10 ans et rien n’a changé, ce qui me conforte dans l’idée que tremper les trayons ne sert pas à grand-chose », renchérit Catherine22.
« Depuis la mise à l’herbe, je ne trempe plus les trayons. Par contre, quand les vaches laitières retourneront à l’étable, je recommencerai car il y aura plus de risques de mammites », explique Steph72. « Moi, je le fais quand elles arrivent en fin de paddock parce qu’elles se couchent souvent au même endroit, et le jour du tarissement », complète Marisa29.
Rester vigilant tout de même
Zabar, lui, est dubitatif : « Eh bien, je découvre l'eau chaude là. On peut faire ça, sans entraîner une explosion des butyriques et une augmentation des mammites ? J’hésiterais à sauter le pas car j'ai vraiment très peu de soucis sanitaires : seulement cinq mammites en huit mois pour 55 VL et 500.000 l de quota. » Pourtant, quelques jours plus tard, il décide de tout supprimer : trempage et lavage des trayons. « Sans parler de l’économie financière, je suis surpris du confort de travail. La traite est beaucoup moins fatigante, mais vraiment beaucoup moins… », témoigne-t-il.
« Reste vigilant tout de même et tiens-toi prêt à revenir en arrière en cas de problème. Attention, en ce moment, les conditions météo sont idéales », recommande Jean-François. Il poursuit : « Une de mes anciennes stagiaires de l’école vétérinaire de Maison-Alfort avait fait sa thèse sur les biofilms de l’épiderme des animaux. Son travail démontrait bien l’équilibre fragile qui y règne. Mettre trop de produits dessus nuit certainement à cet équilibre. »
Quant à Trateurtom, il n’est pas convaincu : « Ne pas tremper me gêne moins que ne pas laver. Vous avez des animaux super propres alors, sans un brin de fumier sur les trayons ? »
Chez Matthieu Carpentier, le silo libre-service va fêter ses 50 ans
Quand l’occupation gratuite devient-elle une donation rapportable ?
« J'ai toujours la même pailleuse, une occasion achetée 1 500 € il y a 20 ans »
Irlande, Italie, Allemagne, Pologne… Comment nos voisins gèrent la décapitalisation bovine ?
Prix du lait 2025 : comparer le prix de votre laiterie à celui des voisines
Quand déclencher le premier apport d’azote sur prairie ?
Engrais, élevage, légumineuses, les enjeux d’une indépendance azotée pour l’agriculture européenne
Les industriels privés demandent l’aide des producteurs
Déclin agricole français : analyser les causes... pour préparer le rebond ?
Prix du lait : des perspectives « incertaines », mais « très probablement orientées à la baisse »