« C'est au président François Hollande de jouer : il doit mettre tout son poids dans le dossier pour obtenir de (Manuel) Barroso (le président de la Commission européenne, ndlr) sinon une remise en cause au moins un aménagement de cette décision », a déclaré Xavier Beulin à l'AFP, précisant qu'il voyait le chef de l'Etat « lundi ». « C'est à ce niveau-là que ça se joue. Le président n'a pas seul la main, mais c'est à lui de porter sur le devant de la scène les conséquences de cette décision brutale », a poursuivi le patron du syndicat majoritaire.
Les deux principaux groupes volaillers concernés, Doux et Tilly-Sabco, tous deux dans l'Ouest, emploient plus de 2.000 salariés travaillant à l'export. « Au-delà de ces deux entreprises, c'est toute la filière avicole qui risque de ressentir l'onde de choc : on a environ 2,5 millions de mètres carrés qui produisent du poulet pour l'exportation vers le Proche et le Moyen-Orient, qu'en fait-on ? », a demandé Xavier Beulin en soulignant que si « on reverse leur production sur le marché national on déstabilise toute la filière ».
Le président de la FNSEA a fait valoir qu'il était plusieurs fois intervenu « depuis des mois » auprès des dirigeants français - ministre de l'Agriculture et président - pour sauver le régime des restitutions européennes sur la volaille, qui ne profitaient plus qu'à la France (à 93 %). « Pourquoi la France n'a-t-elle pu obtenir un aménagement du dispositif dans le paquet global de la PAC ? » (politique agricole commune) a-t-il demandé.
D'autant, a-t-il regretté, que « l'Union européenne continue d'appliquer ses engagements pris en 2005 » de démanteler les dispositifs d'aide à l'export, « pendant que nos concurrents américains, brésiliens et autres utilisent ces mêmes armes pour être plus performants ». Le ministère de l'Agriculture avait regretté jeudi une « décision brutale » qui porte un coup grave à une filière « en difficulté ».
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