TOULOUSE, 10 juil 2013 (AFP) - Laurent Spanghero, qui vient de reprendre les rênes de l'entreprise agroalimentaire qui porte son nom, sur décision du tribunal de commerce de Carcassonne, estime que « la liste des 90 salariés conservés sur 230, établie par l'administrateur judiciaire, prive l'entreprise des compétences nécessaires au redémarrage ».
« Je n'ai qu'un boucher, qu'un pousseur (ouvrier remplissant les saucisses, Ndlr) alors qu'il en faudrait trois, je ne peux travailler dans ces conditions, c'est comme jouer au rugby sans première ligne » a déclaré l'ancien rugbyman, interrogé par l'AFP, qui s'est tourné mardi vers la préfecture pour demander des « ajustements ».
De son côté, la préfecture a annoncé mardi soir dans un communiqué que « pour sortir de cette situation, il avait été convenu collégialement qu'un travail d'analyse au cas par cas serait engagé et qu'un nouveau point serait effectué à la préfecture le 11 juillet en soirée ». C'est en principe le 12 juillet que les lettres de licenciement doivent partir.
Laurent Spanghero conteste la stricte application des critères familiaux et d'ancienneté présidant aux licenciements. « Il y a une incompatibilité entre ces critères et les besoins de l'entreprise, pour gagner le match, il me faut des hommes à leur place », a ajouté le repreneur de l'entreprise menacée de disparition.
La société fondée en 1970 par les frères Laurent et Claude Spanghero, que la famille Spanghero avait cédée en 2009 au groupe coopératif basque Lur Berri, a perdu la plupart de ses clients après sa mise en cause en février pour avoir vendu de la viande de cheval frauduleusement pour du bœuf.
En principe, 90 des 230 salariés subsistant sont sauvés par la décision du tribunal de commerce d'accorder la reprise à Laurent Spanghero et ses partenaires, le promoteur immobilier de Narbonne Jacques Blanc et la société de capital-risque Investeam.
Le secrétaire du Comité d'entreprise Jérôme Lagarde (FO) a également fait état de sa « surprise partagée par beaucoup de salariés en voyant la liste bizarre affichée mardi matin ».
« Nous avons souhaité qu'on prenne davantage en compte les compétences professionnnelles, on ne peut pas démarrer l'activité plats cuisinés comme cela », a-t-il ajouté.
L'entreprise, rebaptisée "Saveurs Occitanes", mise à la fois sur les plats cuisinés et la transformation de viandes. Elle est à l'arrêt depuis l'expiration du dernier contrat avec le distributeur allemand Lidl, le 30 juin.
Pour redémarrer comme il l'espère « dans huit à dix jours », Laurent Spanghero doit aussi obtenir de nouveaux agréments sanitaires, car "Saveurs occitanes" est juridiquement une nouvelle société, qui doit être immatriculée vendredi.
La préfecture a souligné mardi soir que « les services de l'Etat étaient prêts à délivrer les agréments provisoires nécessaires au redémarrage de l'entreprise dès la transmission (...) des derniers éléments garantissant la sécurité sanitaire ».
« Le Préfet a rappelé l'engagement total des services de l'Etat pour accompagner M. Laurent Spanghero dans la réussite de son projet », conclut le communiqué.
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