« Le sacro-saint pouvoir d'achat mis en avant par les distributeurs n'est plus une excuse. En paupérisant l'ensemble de notre pays, en se protégeant derrière l'argument du prix, la grande distribution coupe la branche sur laquelle elle est assise. Ne vaut-il pas mieux nourrir une population qui travaille plutôt que des chômeurs créés par l'achat à toujours moins cher ? », s'est interrogé le président du MPB, Daniel Picart.
Les producteurs se plaignent depuis des mois de vendre à perte en raison de la flambée des cours mondiaux des céréales nécessaires à l'alimentation de leurs bêtes, et que la grande distribution refuse de répercuter. « Il est indispensable que le prix de nos intrants passe dans le prix de vente », a affirmé Daniel Picart.
Le président a mis en garde contre les effets d'annonce, critiquant notamment le PDG de Système U, Serge Papin, après sa promesse d'une hausse de « 30 centimes » par kilo pour le porc. « On n'a pas encore vu le premier centime. Monsieur Papin, on ne bâtit pas sa communication sur le malheur des gens ! », s'est exclamé Daniel Picart.
Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, a aussi subi la foudre des producteurs, pour avoir lui aussi déclaré « que ce n'est pas un problème de monter très rapidement le cours du porc de 30 centimes », sans que cela ne soit suivi d'effet.
La MPB, qui regroupe 2.200 producteurs, réclame une réforme de la Loi de modernisation de l'économie, jugeant que celle-ci « n'engraisse qu'un maillon de la filière : la distribution ». Daniel Picart a souligné que « le déclin de la production est enclenché » en raison des difficultés des éleveurs, avec pour conséquence des risques de fermetures d'abattoirs comme celui de la société Gad SAS à Lampaul-Guimiliau (Finistère), où 850 emplois sont menacés.
En 2012, le prix de base moyen au MPB s'est affiché à 1,454 euro le kilo. Sur la même période, les producteurs de porcs ont perdu en moyenne 15 euros par porc produit, selon les chiffres du centre de gestion.
Le MPB a commercialisé l'an passé 3,2 millions de porcs, en repli de 7,8 % sur l'année précédente, dans un contexte de concurrence internationale accrue.
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