Entre 400 et 500 personnes, selon les organisateurs et les médias sur place, se sont rassemblées en début d'après-midi à proximité de l'abattoir de Lampaul-Guimiliau, avant d'entamer une opération escargot en direction de Saint-Martin-des-Champs, près de Morlaix, où se trouve le siège de l'entreprise.
L'opération escargot ralentissait la circulation sur plus de 34 km sur l'axe Brest-Rennes (N12), selon un communiqué de Bison Futé. Au siège de Gad SAS, les manifestants devaient retrouver, à l'appel de la Fdsea et des JA du Finistère, des agriculteurs « très inquiets du devenir de la filière porcine », selon un communiqué des deux organisations syndicales. Aucune offre de reprise pour Gad SAS, qui emploie près de 1.700 personnes en Bretagne, n'était parvenue à la date limite de lundi midi au tribunal de commerce de Rennes.
«Toi, président, vous politiciens, qui ne faites rien, nous salariés sacrifiés », pouvait-on lire sur une banderole déployée lors du rassemblement à Lampaul-Guimiliau, ou encore « L'agro en Bretagne va mal, Bretons en sursis ». « On veut réagir avant qu'il ne soit trop tard », a expliqué à l'AFP Olivier le Bras, représentant du personnel. « Il y a beaucoup d'indicateurs qui nous font dire que le plan de continuation de la Cecab prévoit la fermeture d'un site, Lampaul en particulier », a-t-il ajouté. « On ne veut pas de ça ! »
Gad SAS est détenue à 65 % par la coopérative morbihannaise Cecab, principalement orientée vers la production légumière, et à 35 % par le groupement de producteurs de porcs Prestor. L'entreprise, qui abat au total quelque 2,4 millions de porcs chaque année, a été placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Rennes le 27 février, avec une période d'observation de six mois, courant jusqu'au 21 août. La filière porcine est confrontée à de graves difficultés économiques, les abattoirs étant fragilisés par une situation de surcapacité en raison de la baisse de production de porcs en France. La fermeture au 20 août de l'abattoir de Lampaul-Guimiliau avait été annoncée fin mai par les élus locaux inquiets. Mais la direction de GAD SAS a précisé que « toute décision était à ce stade prématurée ».
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