 Une toiture à rénover ou la construction d’un bâtiment peuvent être l’occasion, grâce à l’installation de panneaux photovoltaïques, de travaux à moindre frais. (© Mrw Zeppeline Bretagne) |
Terre-net Média : Comment vous est venue l’idée du photovoltaïque ?
Jean-Paul Marchand : L’année dernière, nous avons engagé une réflexion sur un projet d’agrandissement de nos bâtiments d’élevage : la stabulation des vaches qui date de 1995 à laquelle est accolée celle des génisses, un peu plus récente. En effet, nous avons atteint la limite en termes de capacité avec 90 vaches pour 75 logettes. Autour de nous, plusieurs voisins ont des installations photovoltaïques et témoignent d’une expérience plutôt positive. D’autres prévoient de se lancer. Nos toits sont orientés plein sud. Nous avons donc décidé de profiter de l’extension pour poser des panneaux solaires. Mi-juillet 2012, nous avons envoyé une demande de permis de construire qui combinait les deux.
Pouvez-vous nous décrire les étapes qui se sont succédées depuis l’été dernier ?
Nous sommes allés au Space en septembre pour y rencontrer des installateurs. Trois sont venus sur l’exploitation pour évaluer le projet et faire les calculs de rentabilité. Une conseillère de la Chambre d’agriculture nous a ensuite aidés à décortiquer les devis. Nous avons déposé notre dossier à Erdf fin septembre, ce qui a permis de bloquer un tarif à 17,50 cts€/kWh, sans savoir dans quelle mesure les barèmes allaient être remaniés trois mois plus tard. En février, les nouvelles grilles de prix ont été rendues publiques. Elles incluent notamment la bonification pour un équipement 100 % européen. Nous n’avions pas fait ce choix, et de toute façon, il était trop tard pour en profiter comme nous avions déjà fait notre demande...
Côté chiffres, pouvez-vous nous en dire plus ?
L’installation, pour laquelle nous avons investi 155.000 euros au total, a une capacité de production de 100 kWc sur 700 m² de toiture. Elle est intégrée au bâti ce qui nous permet d’économiser les 200 m² environ de tôle qui recouvriront l’extension. Nous avons emprunté sur douze ans. Pendant ce laps de temps, la vente de l’électricité couvre le remboursement de l’emprunt et les frais de fonctionnement. Au-delà, nous n’aurons plus que les charges d’entretien à payer et un éventuel remplacement d’onduleurs. Financièrement, l’opération n’est pas négative.
Vous semblez avoir été rapide dans vos démarches. Qu’est-ce qui vous a motivé ?
Les temps de réflexion ont été plutôt courts oui, mais c’est que le projet de départ concerne nos bâtiments et nous en avons besoin rapidement. Nous aimerions que tout soit monté cet été mais il y a des problèmes de fourniture en panneaux européens. Il semble que la demande chinoise et japonaise pénalise l’approvisionnement de l’Europe. Au-delà de l’aspect économique, alors que nous avons tous les trois autour de 50 ans, nous avons pensé à la valorisation de notre outil de travail. Il s’agit d’une production d’énergie propre, rentable. Cela ne peut qu’avoir des conséquences positives quand il s’agira de transmettre l’exploitation.
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