« La course à la concurrence voudrait que soient développées des unités toujours plus grandes pour être plus rentables », relèvent dans un communiqué parvenu à l'AFP dimanche le secrétaire général d'EELV Pascal Durand, l'eurodéputé José Bové et le conseiller régional breton René Louail, lui-même éleveur de porcs. Or, « c'est une gigantesque concentration qui détruit des emplois, fait fi des problèmes environnementaux et sanitaires, et va à l'encontre de la demande sociale », estiment-ils.
Face à la baisse de la production porcine française, avec un cheptel passé à 23 millions de têtes contre 25 millions en 2010, dans un contexte de forte concurrence allemande, Stéphane Le Foll a notamment proposé le 15 avril d'assouplir les démarches administratives pour ouvrir ou agrandir une porcherie. Pour EELV, « ce plan transformerait les 5.600 unités de production actuelles en 1.000 usines à viande », qui ne seraient « pas rentables, et en plus ne sont pas reprenables par les jeunes du fait de leur coût ». En effet, selon le parti écologiste, « on enregistre trois fois plus de demandes pour les petits élevages qu'il n'y a de place et trois fois plus de places dans les systèmes industriels qu'il n'y a de candidats ». En outre, « les unités de plus de 500 truies consomment 36 euros/truie de plus en frais vétérinaires que les élevages de moins de 100 truies », selon le communiqué.
EELV conteste également un autre volet du plan Le Foll, consistant à adosser ces élevages à des unités de méthanisation, soulignant que cette filière serait soutenue par « les fonds publics » et nécessiterait « toujours plus de surface en maïs » pour les faire fonctionner. Dénonçant par ailleurs le « dumping » pratiqué chez certains concurrents européens et ses « impacts sociaux et environnementaux », le parti écologiste préconise à l'inverse de « déconcentrer » l'élevage porcin.
Au lendemain de l'annonce du plan Le Foll, le Comité régional porcin de Bretagne, première région de production de porcs en France, en avait lui aussi contesté les orientations, demandant en priorité une lutte contre « le dumping social et fiscal » et une harmonisation des normes en Europe, ainsi qu'un étiquetage permettant de valoriser le production française.
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