 Pour 2014, le recouplage des aides s'impose en production bovine pour sauver la filière. (© Terre-net Média) |
Les
éleveurs de bovins viande français ne sont pas les seuls à être victimes du phénomène de ciseau, avec une flambée de l’alimentation animale qu’ils sont incapables de reporter sur les prix de vente de leur animaux. Dans l’Union européenne,
le Copa-Cogeca et le président du groupe de travail "Viande bovine", Pierre Chevalier, par ailleurs président de la Fnb (section de la Fnsea) tirent la sonnette d'alarme pour dénoncer « la situation catastrophique du secteur européen de la viande bovine ».
« La situation est très délicate dans le secteur en raison des mauvaises conditions climatiques dans plusieurs Etats membres, ce qui a rendu l'approvisionnement en aliments pour animaux difficile ». « La disponibilité des aliments d'hiver est très mauvaise et les stocks sont presque épuisés. Les producteurs européens de viande bovine sont pris en étau entre des coûts de production élevés et de faibles marges, dans un secteur où les agriculteurs ont l'un des revenus les plus bas ».
Selon Pekka Pesonen, secrétaire général du Copa-Cogeca, la production n'est même plus rentable en raison de la hausse des coûts de production et de la réduction des marges des producteurs qui en découle. « Il est donc essentiel que des décisions politiques soient prises pour préserver la production européenne et l'avenir du secteur. Il convient de prendre en considération l'impact social et économique sur le secteur de la viande bovine dans le cadre des négociations commerciales bilatérales ».
Les grandes lignes des aides françaises
Dans ce contexte, les aides que Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, a décidées d’allouer à une catégorie d’éleveurs seront largement insuffisantes pour redresser la trésorerie des bénéficiaires.
Le réseau des Chambres d’agriculture en dévoile d’ores et déjà les grandes lignes. Selon la Chambre de Normandie :
- l’aide aux producteurs laitiers serait au plus de 1.000 € par exploitation (10 €/1.000 litres plafonnés aux 100.000 premiers litres – règle de la transparence) ;
- l’aide aux détenteurs de vaches allaitantes primées (Pmtva) serait de 640 € maximum (16 €/animal éligible, plafonnée à 40 animaux par exploitation) ;
- l’aide à l’engraissement de jeunes bovins est de 60 € : les bénéficiaires sont les producteurs engraissant au minimum 21 jeunes bovins mâles ou femelles (1).
Pour l’ensemble de ces aides, les bénéficiaires seraient les récents investisseurs et les jeunes agriculteurs.
Une circulaire à paraître prochainement précisera les modalités d'attribution de ces aides et les enveloppes des crédits alloués.
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